Le Québec Pivote t-il vers l’Asie?

Un changement dans la perception des Québécois à propos de l’Asie semble en train de s’opérer. Plusieurs évènements et initiatives d’envergure au Québec laissent croire que la belle province se tourne finalement vers l’Asie.

Par le passé, les résultats de nombreux sondages de la Fondation Asie Pacifique du Canada (FAP Canada) ont dépeint le Québec comme étant la province la moins sensible à l’importance grandissante de l’Asie. Par exemple, en 2008, le sondage national d’opinion de la FAP Canada indiquait que seulement 36% des Québécois croyaient bénéficier économiquement des échanges commerciaux avec l’Asie, contre 56% pour les autres provinces. Puis, le sondage 2010, relatait que seulement 49% des Québécois concevaient les économies asiatiques comme étant vitales pour la prospérité future du pays, contre 71% en Alberta et en Colombie Britannique et contre 62% en moyenne au Canada.

Au-delà des sondages, il ne suffisait que de voyager à l’extérieur du Québec pour réaliser la différence marquante à propos de l’intérêt porté à l’Asie par les autres provinces canadiennes. De plus, le peu d’attention accordée à l’actualité asiatique dans les médias québécois tranchait également définitivement avec la couverture complète et détaillée qui était réalisée dans des médias écrits ou télévisuels anglophones tels que le Globe and Mail ou TVO. Pour un Québécois vivant à Vancouver et suivant de près les affaires asiatiques, j’étais renversé par la différence entre l’attention portée à l’Asie par le Québec et par les autres provinces canadiennes.

Or, les résultats du sondage national d’opinion publiés au printemps dernier ont laissé transparaitre un changement notable dans la perception des Québécois en Asie. Par exemple, il a été identifié que 84% des Québécois estimaient désormais qu’il était indispensable pour le Canada de diversifier son commerce au-delà des États-Unis, contre 58% en 2010. Une majorité de Québécois semblait maintenant juger que les économies asiatiques étaient essentielles au bien être économique du Canada. (Voir graphique ci-dessous)

Source: Le Québec à l’heure de l’Asie, Forces, numéro 170, juin 2011.

Puis, dernièrement, de nombreuses initiatives ont témoignées de ce changement d’attitude au Québec. Par exemple, l’Université Laval a organisé une importante Journée éducation Canada-Chine visant à mettre en relation des universités chinoises avec des établissements du Québec, ainsi qu’à favoriser les échanges étudiants en Chine. Puis, l’UQAM a tenu sa première Semaine sur la Chine, un évènement qui s’est tenu sur plusieurs jours et qui a attiré plusieurs invités de marque. Si de tels évènements ne sont pas nouveaux, leur ampleur a détoné avec ce qui se faisait par le passé. De plus, le tout nouveau Groupe d’étude sur les relations internationales du Québec a récemment tenu son colloque annuel sur le thème des relations du Québec en Asie. À ma connaissance, il s’agissait d’un premier colloque de cette importance qui portait sur le Québec et l’Asie.

Finalement, un intérêt renouvelé pour les affaires asiatiques est palpable dans les médias. Par exemple, l’éditorialiste en chef du quotidien montréalais La Presse a publié en quelque semaines seulement 3 éditoriaux (ici, ici et ici) portant sur l’importance de l’Asie pour le Canada. Puis, l’émission de radio à Radio-Canada Faut pas croire tout ce qu’ont dit a consacré presque une heure à un débat sur l'Accord Canada-Chine sur la promotion et la protection des investissements étrangers.

Au moment où le gouvernement du Québec vient d’indiquer son objectif de doubler les exportations québécoises en Asie, toutes ces initiatives viennent renforcir les résultats du dernier sondage national d’opinion qui a laissé transparaître que le Québec a pris davantage conscience que son avenir est désormais lié en partie à l’Asie.

Alors que nous entamons un siècle qui s’annonce comme celui du Pacifique, le Québec fait bien de tourner son regard et de porter une attention accrue aux transformations qui s’opèrent en Asie. L’écart est grand entre l’intérêt que portent à l’Asie certaines provinces canadiennes et celui dont fait preuve le Québec, mais plus ce dernier sera attentif à cette région, plus il sera à même d’affronter les défis que pose son émergence.

Il sera intéressant de suivre les résultats du prochain sondage national d’opinion de la FAP Canada pour vérifier l’évolution de l’intérêt et des perceptions du Québec envers l’Asie, rendez-vous le printemps prochain!

The views expressed here are those of the author, and do not necessarily represent the views of the Asia Pacific Foundation of Canada.

Charles-Louis Labrecque

Charles is Project Manager, The Asia Factor, at the Asia Pacific Foundation of Canada. 

Charles est Chef de project, Le Facteur Asie à la Fondation Asie Pacifique du Canada. 

Are Francophones and Anglophones so Different in Their Views on Asia?Where in the World do Canada’s Exports Go? Retour sur la mission du Québec en Chine
Read more >

Use 'AND' or 'OR' to refine your search.

Use quotes " " to get exact matches or remove them to get more results.