Sondage d'opinion national 2015 de la Fondation Asie du Canada : Opinions des Canadiens sur les investissements asiatiques

Depuis plus de 10 ans, le sondage d’opinion national de la Fondation Asie Pacifique du Canada a examiné les opinions et les attitudes du Canada envers l’Asie. Cette année, la Fondation a engagé la firme EKOS pour conduire un sondage auprès de 1,548 Canadiens et s’est penchée sur les attitudes envers les investissements asiatiques au Canada. Nous avons découvert que les Canadiens affichent un optimisme prudent au sujet des avantages qui découlent des investissements étrangers directs en provenance de l'Asie. Les principales conclusions incluent :

Les Canadiens font preuve d'ouverture au sujet des investissements asiatiques

En général, les Canadiens sont en faveur des investissements en provenance de l'Asie. En majorité, ils ont exprimé des opinions positives sur les investissements du Japon (78 %), de la Corée du Sud (67 %) et de l'Inde (59 %). Ces résultats sont comparables aux opinions favorables sur les investissements faits par les États-Unis (77 %), qui représentent la source la plus importante d'investissements étrangers directs du Canada.

 

 

Les opinions sont plus mitigées uniquement dans le cas de la Chine, car les deux cinquièmes des Canadiens (42 %) indiquent être en faveur des investissements chinois et la moitié (49 %) s'y opposent. Les investissements chinois au Canada ont constitué un sujet litigieux récemment mais, en dépit de la controverse, de nombreux Canadiens demeurent ouverts à l'égard des avantages potentiels. Il demeure néanmoins des caractéristiques qui accompagnent souvent les investissements étrangers chinois, comme la participation de sociétés publiques et la concentration dans le secteur des ressources, qui demeurent l'objet d'un scepticisme de la part du public canadien.

Les Canadiens s'inquiètent de l'influence des deux principales puissances mondiales

 Les Canadiens craignent que les investissements de la part de superpuissances mondiales comme la Chine et les États-Unis nous fassent perdre le contrôle de nos ressources naturelles. Près de la moitié (48 %) des Canadiens associent les investissements chinois avec l'expression « perte du contrôle de nos ressources », et les deux cinquièmes (42 %) associent la même expression aux investissements en provenance des États-Unis. La préoccupation de la perte des ressources est l'expression que les Canadiens associent le plus étroitement aux investissements des deux pays. Les Canadiens sont également plus susceptibles de mentionner que le gouvernement ouvre la porte à « beaucoup trop » d'investissements lorsque la question leur était posée au sujet des deux plus importantes économies du monde, encore que cette réponse était beaucoup plus fréquente par rapport à la Chine (56 %) qu'aux États-Unis (28 %). À titre comparatif, moins d'un cinquième (18 %) des Canadiens ont exprimé une préoccupation semblable sur un contrôle étranger des ressources, lorsque la question portait sur les investissements en provenance du Japon.  

 

 

Les Canadiens surestiment l'envergure des investissements chinois au pays

Les Canadiens ont une perception plus exacte de l'envergure des investissements étrangers directs effectués au Canada par des pays comme les États-Unis, le Japon, l'Inde et la Corée, que ceux faits par la Chine. Les Canadiens estiment que des sociétés chinoises possèdent le quart (25 %) de tous les investissements étrangers directs au Canada, alors que chiffre officiel avoisine plutôt 3 %. Cette fausse perception est probablement attribuable en partie par l'augmentation récente des investissements chinois, dont la valeur a considérablement augmenté de 2003 à 2013, passant de 0,2 milliard $ CA à 20,4 milliards $ CA. Les Canadiens qui surestiment beaucoup l'étendue des intérêts chinois au sein de l'économie chinoise sont également plus susceptibles de dire que le Canada ouvre la porte à « beaucoup trop » d'investissements chinois au pays.

 

 

Les Canadiens comprennent bien les règles et les pratiques en matière d'investissement

Le fait d'estimer que les préoccupations des Canadiens sur les investissements asiatiques reposent purement sur des opinions mal informées reviendrait à commettre une erreur. Exception faite de la surestimation des investissements chinois, peu d'éléments laissent entendre que les Canadiens sont très mal informés sur les règles et les pratiques en matière d'investissement dans leur pays. La majorité des Canadiens savent que les sociétés étrangères sont assujetties aux lois et aux règlements canadiens (75 %), que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer dans l'approbation des investissements étrangers d'importance (69 %) et que la majorité des investissements chinois est concentrée dans le secteur des ressources (54 %). Près de la moitié des Canadiens (48 %) rejette également la notion que les sociétés à capital étranger paient leurs travailleurs canadiens moins que les entreprises appartenant à des intérêts canadiens. Les renseignements des Canadiens sur les investissements étrangers, ou du moins leurs intuitions sur les règles et les pratiques en la matière, sont relativement exacts et favorables aux avantages potentiels découlant des investissements faits au Canada par des sociétés étrangères.

Les Canadiens les mieux informés sur les règles et les pratiques en matière d'investissements étrangers ont tendance à être également plus favorables aux investissements en provenance de pays asiatiques. Toutefois, ces Canadiens éprouvent des inquiétudes particulières au sujet de la Chine. Par exemple, les Canadiens qui comprennent le plus précisément les règles et les pratiques en matière d'investissements étrangers faits dans notre pays sont également ceux qui sont le plus susceptibles d'associer les investissements à l'expression « risque pour la sécurité ». Cela a tendance à réduire leur soutien à l'égard des investissements en provenance de la Chine, comparativement à d'autres pays. 

 

 

Les opinions des Canadiens sur les investissements étrangers sont influencées par les perceptions sur les pays investisseurs

Les Canadiens ne dissocient pas toujours leurs attitudes au sujet des investissements étrangers de leurs attitudes à l'égard de certains pays. Cela est tout particulièrement vrai pour la Chine. Même si la plupart des Canadiens reconnaissent que les sociétés étrangères en activité au Canada se conforment aux lois et aux pratiques du pays, ils associent tout de même les investissements de la Chine à des expressions comme « dommages environnementaux » et « normes de travail médiocres ». Cela laisse entendre que de nombreux Canadiens pourraient ne pas autant s'inquiéter du comportement des investisseurs chinois au Canada que de celui des sociétés chinoises en Chine.

Cela entraîne des difficultés pour les sociétés chinoises en activité au Canada. Les investissements importants des sociétés chinoises au Canada constituent un phénomène relativement récent. Les investisseurs chinois n'ont pas encore d'antécédents visibles et établis de contributions apportées au Canada qui pourraient servir à atténuer les attitudes sceptiques qu'éprouvent bon nombre de Canadiens envers la Chine en général. À moins de changements sociopolitiques importants en Chine, les Canadiens ne pourront probablement que devenir mieux disposés envers les investissements chinois s'ils constatent que les entreprises chinoises apportent une contribution positive au Canada.

 

 

Il existe un précédent d'évolution marquée de l'opinion canadienne à l'égard des investissements émanant de pays asiatiques. Près des deux tiers des Canadiens (65 %) indiquent que « nouvelles technologies » est la principale expression qu'ils associent aux investissements japonais, alors que le Japon était jadis associé à des produits inférieurs et bas de gamme. La consommation canadienne des produits japonais de haute technologie, de même que les contributions positives du Japon à l'économie canadienne comme la construction d'usines de fabrication d'automobiles à la fine pointe de la technologie, a probablement une incidence sur les perceptions relatives aux investissements provenant du Japon. Avec le temps, il est probable que les attitudes canadiennes à l'égard des investissements chinois évolueront. À cet égard, les premiers investisseurs chinois au Canada assument une responsabilité et un rôle tout particuliers pour cultiver cette évolution en contribuant à un héritage positif.

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