L’Australie a scellé lundi sa quatrième alliance officielle en signant un accord de défense mutuelle et un important accord d’investissement avec les Fidji, en partie pour contrer l’influence chinoise dans le Pacifique Sud. Lundi, à Suva, la capitale des Fidji, le premier ministre australien Anthony Albanese et son homologue fidjien, Sitiveni Rabuka, ont signé l’« Alliance pour un Océan de paix » (Ocean of Peace Alliance), qui engage chaque pays à venir en aide à l’autre en cas d’attaque. L’article 2 du traité stipule expressément que « les valeurs communes, notamment [l’]engagement en faveur d’institutions libres et démocratiques », constituent les fondements du traité, ce qui pourrait être considéré comme une critique de l’autoritarisme chinois.
Les deux pays ont également inauguré l’« Union Vuvale », un accord économique qui prévoit que l’Australie investisse près d’un milliard de dollars canadiens dans cette nation insulaire sur une période de dix ans. (Vuvale signifie « famille » en fidjien.) M. Albanese a déclaré que « la signature de ces deux accords représente l’une des initiatives les plus importantes que l’Australie ait jamais entreprises avec un autre pays ». L’Australie n’entretient d’alliances officielles qu’avec la Papouasie–Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et, désormais, les Fidji.
La population des Fidji s’élève à environ 936 000 habitants, mais sa zone économique exclusive (ZEE) s’étend sur 1 290 000 kilomètres carrés, soit à peu près la superficie combinée de la Saskatchewan et du Manitoba.
Des remous dans l’« Océan de paix »
Presque immédiatement, l’alliance de l’« Océan de paix » a dû faire face à une incursion tout sauf pacifique : quelques heures après la signature du traité aux Fidji, un sous-marin nucléaire chinois a tiré un missile balistique intercontinental (équipé d’une ogive « factice ») en direction de la zone dénucléarisée du Pacifique Sud. Ce missile, présenté par les médias d’État chinois comme un tout nouveau missile JL-3, a une portée pouvant atteindre 10 000 kilomètres.
L’Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande, informés par Beijing quelques heures avant l’exercice, ont condamné cet acte. Le moment choisi pour ce tir, à la veille de la signature du pacte entre l’Australie et les Fidji, est pour le moins curieux, mais les responsables australiens y voient une coïncidence, selon The Age.
Il se pourrait plutôt que Beijing ait programmé ce lancement pour qu’il coïncide avec les exercices RIMPAC organisés depuis longtemps sous l’égide des États-Unis près d’Hawaï, auxquels participent 30 pays et qui constituent une démonstration de la puissance militaire occidentale. Ottawa a dépêché deux frégates, un avion de patrouille et des centaines de militaires à Hawaï pour ces exercices. Cette année, dans le cadre du RIMPAC, le Canada assume le rôle de commandant de la composante aérienne.