Le PIB réel de l’Inde a augmenté de 7,8 % entre avril et juin de cette année, dépassant les estimations et confirmant que l’Inde est la grande économie à la croissance la plus rapide du monde.
L’essor des investissements privés, les exportations élevées et la hausse de la consommation intérieure ont alimenté cette croissance. Le premier ministre indien Narendra Modi a affirmé sur les réseaux sociaux que « les prophètes de malheur ont eu tort et l’Inde s’est épanouie... une fois de plus! »
En Asie, seul le Vietnam, une économie beaucoup plus petite, a affiché une croissance plus élevée (8,4 %) entre avril et juin. D’une année à l’autre, la Malaisie (6,0 %), l’Indonésie (5,3 %), la Chine (4,3 %), la Corée du Sud (3,7 %), les Philippines (2,3 %) et le Japon (0,7 %) ont tous connu une baisse.
Les chiffres révélateurs sur la croissance de New Delhi ont été publiés quelques jours seulement après l’arrivée au Canada de la ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman. Elle a rencontré son homologue canadien, François-Philippe Champagne, et les dirigeants d’au moins sept caisses de retraite, sociétés de services financiers et banques canadiennes, déclarant que « l’Inde est ouverte » et que « le capital canadien est le bienvenu ».
À Toronto, M. Champagne et Mme Sitharaman ont organisé le tout premier dialogue économique et financier Canada-Inde. Mme Sitharaman s’est dite « prête à entamer des négociations sur un traité bilatéral d’investissement » dès que possible, selon Ottawa. Les deux ministres ont accepté de contribuer à l’expansion des systèmes de paiement, ce qui aidera les entreprises canadiennes à accéder au marché indien.
Investissement des caisses de retraite dans l’énergie
Notre gestionnaire de programmes principale, Commerce et investissements internationaux, Anastasia Ufimtseva, a déclaré à Observatoire Asie que les données de l’Investment Monitor de la FAP Canada indiquent qu’en 2025, les investissements directs étrangers (IDE) bilatéraux entre le Canada et l’Inde ont augmenté pour atteindre 2,5 milliards de dollars canadiens, soit 30 % de plus qu’en 2024.
Les investissements canadiens en Inde, totalisant 2,2 milliards $ CA en 2025, ont représenté la plus grande partie de ce chiffre.
Mme Ufimtseva a souligné que « les caisses de retraite représentaient 58 % des IDE du Canada en Inde », grâce aux investissements de l’Office d’investissement du régime de pension du Canada, qui a acquis des parcs industriels et logistiques en Inde pour un peu moins de 600 millions $ CA, et du Régime de retraite des enseignantes et enseignants de l’Ontario, qui a investi 347 millions $ CA dans National Highways Infra Trust.
« À l’échelle infranationale, Maharashtra, Karnataka et Delhi figurent parmi les 10 principales destinations indo-pacifiques pour les IDE canadiens », a-t-elle ajouté.
Bien que les tarifs douaniers américains puissent freiner le prochain Sommet canadien de l’investissement, qui se tiendra les 14 et 15 septembre à Toronto, Ottawa cherche à tirer parti d’une année phare pour les IDE au Canada, qui ont atteint 96,8 milliards $ CA en 2025, selon Statistique Canada.
Dominic Barton, ancien ambassadeur du Canada en Chine, a récemment été nommé président du conseil d’administration d’Investir au Canada, l’organisme responsable de l’organisation du sommet. La nomination de Barton, son expertise et ses relations pourraient indiquer qu’Ottawa donne la priorité aux investissements dans la région indo-pacifique plutôt qu’à une intégration plus poussée avec les États-Unis.