Beijing et Bruxelles reprennent les négociations alors que les tensions commerciales s’exacerbent

Le commissaire au Commerce de l’Union européenne, Maroš Šefčovič, a rencontré lundi le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, afin de remodeler une relation commerciale bancale et d’éviter un été de mécontentements entre Bruxelles et Beijing.

En 2025, l’excédent commercial de la Chine avec l’UE a atteint 584 milliards $ CA. La relation commerciale n’est « tout simplement pas viable », a déclaré M. Šefčovič aux médias le 9 juin. Il a ajouté que « [la] Chine constitue une économie immense, mais [l’UE exporte] moins vers la Chine que vers la Suisse. »

Le yuan chinois — sous-évalué d’au moins 16 % selon le FMI — fait également partie du problème. Le 19 juin, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a déclaré qu’« une monnaie artificiellement basse est un avantage pour ceux qui veulent améliorer leur position concurrentielle sur le plan économique ».

Beijing a immédiatement répliqué en annulant les réunions préparatoires entre les deux parties. Le China Daily, organe de presse contrôlé par le Parti communiste chinois, a publié une tribune cinglante accusant les responsables de l’UE de « manque de sincérité » et annonçant des « contre-mesures robustes et efficaces ». On peut aussi trouver le commentaire caustique suivant sur un autre site Web gouvernemental : « L’état d’esprit de l’Europe rappelle celui de la mère de Rose dans Titanic : elle s’accroche désespérément à une gloire aristocratique déclinante tout en refusant d’accepter que le monde ait évolué. »

Les tensions étaient vives avant la réunion de lundi, mais M. Šefčovič et M. Wang ont réalisé quelques progrès, en mettant en place les consultations entre l’UE et la Chine sur le commerce et l’investissement pour aborder les « questions prioritaires », selon M. Šefčovič, notamment « l’équilibre du commerce et des investissements, les contrôles à l’exportation et [les droits de propriété intellectuelle] ». Maroš Šefčovič se rendra à Beijing en octobre.

L’épineuse question des véhicules électriques

Le 18 juin, les 27 chefs d’État de l’UE se sont réunis à Bruxelles pour discuter de la guerre de la Russie en Ukraine et des « déséquilibres économiques » (un euphémisme pour indiquer qu’il s’agirait de la Chine). Les chefs d’État ont approuvé une approche plus ferme à l’égard de la Chine, encourageant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à « élaborer [...] une boîte à outils dans le domaine de la défense commerciale et de la politique industrielle ». Ces outils pourraient inclure des mesures visant à réduire la surcapacité industrielle chinoise (par exemple, des droits de douane et des quotas) ou l’obligation pour les entreprises européennes de diversifier leurs sources d’approvisionnement en matériel essentiel.

L’UE impose déjà des droits compensateurs sur les véhicules électriques chinois, allant de 17 % pour BYD à 35,3 % pour SAIC, en plus de droits de douane standard de 10 % sur les véhicules. L’approche de l’UE dans ce secteur pourrait éclairer de futures mesures plus étendues.

L’approche d’Ottawa sur cette question est différente, autorisant l’entrée au pays de jusqu’à 49 000 véhicules électriques chinois par année avec des droits de douane de 6,1 %, le taux en vigueur pour la nation la plus favorisée. Reuters a rapporté la semaine dernière que des véhicules électriques du constructeur chinois Geely devraient arriver à Montréal plus tard ce mois-ci, soit la première livraison effectuée dans le cadre de l’accord entre le Canada et la Chine ratifié en janvier.

La Chine devrait produire 12 millions de véhicules électriques cette année. À titre de comparaison, en 2025, 169 972 véhicules à zéro émission ont été vendus au Canada