Le président chinois Xi Jinping était à Pyongyang, en Corée du Nord, lundi et mardi, pour sa première visite dans ce pays depuis 2019 et son premier voyage à l’étranger de l’année.
La réception de M. Xi était digne d’un roi, avec un accueil sur tapis rouge, des ballons et des drapeaux à profusion, et même un numéro de cirque. À Pyongyang, des portraits de M. Xi et M. Kim bordaient une place centrale, avec une banderole où l’on pouvait lire : « Vive l’amitié et l’unité indéfectibles entre la Corée du Nord et la Chine ».
Depuis le début de l’année, M. Xi a accueilli 16 dirigeants mondiaux, dont le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine. Les visites continues de dirigeants soulignent la volonté de Beijing de se présenter comme « le point central de la diplomatie mondiale », comme l’a indiqué un média d’État chinois. La visite de M. Xi à Pyongyang renforce ce dossier en Asie du Nord-Est, montrant au Japon et à la Corée du Sud que Beijing tient toujours à la péninsule coréenne. Elle permet également au président chinois de surveiller la Corée du Nord, alors que le pays devient plus confiant, plus militarisé et plus étroitement aligné sur Moscou.
À mesure que M. Xi, 72 ans, simplifie ses déplacements, les voyages qu’il effectue prennent plus d’importance : en 2025, il n’est parti à l’étranger qu’à cinq reprises, contre 20 en 2014. M. Kim a déjà visité Beijing en septembre 2025; la Chine étant le plus grand partenaire commercial de la Corée du Nord.
Pas nécessairement du soutien, mais du soutien si nécessaire
M. Xi veut montrer sa solidarité avec la Corée du Nord tout en renforçant son influence sur la Corée du Nord. Notamment, à Pyongyang, les deux dirigeants n’ont pas signé de pactes concrets. M. Xi s’est contenté de dire que les deux pays « devraient renforcer les échanges dans les domaines de la diplomatie, de l’application de la loi, des affaires militaires et autres ».
M. Xi souhaite également maintenir la Chine au cœur d’un partenariat trilatéral nébuleux entre Beijing, Moscou et Pyongyang. Cette année marque le 65e anniversaire du traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle entre la Chine et la RPDC. Ce pacte est le seul traité de défense officiel de la Chine; la Corée du Nord a toutefois signé un traité similaire avec la Russie en 2024.
Depuis que la Russie a envahi l’Ukraine en 2022, Pyongyang a fourni à Moscou des armes et un soutien militaire, en amassant des « milliards de dollars », selon le Wall Street Journal. Cet arrangement a donné à M. Kim une plus grande marge de manœuvre, réduit la dépendance de la Corée du Nord à l’égard de la Chine et renforcé l’économie du pays, qui a augmenté de 3,7 % en 2024, le plus grand bond en huit ans, selon la banque centrale sud-coréenne.
Pour l’avenir, Beijing n’offrira probablement pas à Pyongyang le type de soutien direct que la Russie a fourni en matière de défense et d’industrie, étant donné l’intérêt de Beijing pour la stabilité régionale et sa volonté d’éviter une crise à sa frontière.