La pittoresque ville française d’Évian-les-Bains, en France, a accueilli cette semaine un sommet du G7 de trois jours, au cours duquel les dirigeants ont discuté du conflit avec l’Iran, de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, du commerce et des fondements chancelants d’un « nouvel ordre mondial ».
C’était un défi de taille pour le président français Emmanuel Macron, qui accueillait les autres chefs d’État. Le sommet, dont la date a été modifiée pour tenir compte de l’anniversaire du président Donald Trump, n’a donné lieu à aucun communiqué commun global, ce qui constituait auparavant une caractéristique emblématique des sommets du G7. Au lieu de cela, les pays ont publié des communiqués succincts portant notamment sur les « partenariats internationaux mutuellement bénéfiques », le trafic de drogue et les « enjeux géopolitiques », entre autres sujets.
La fragmentation des communications met en évidence un tournant dans les relations internationales. Coincées entre les superpuissances, les puissances moyennes forment des coalitions ad hoc et s’opposent aux États-Unis et à la Chine lorsque cela sert leurs intérêts. Le premier ministre canadien Mark Carney a fait allusion dimanche à cette « réorganisation », en déclarant que « ce qu’on ne peut pas faire à ce stade […] c’est compter sur un seul ensemble d’institutions, un seul groupe, un seul pays pour fournir des réponses ».
La Chine n’a pas été conviée au sommet du G7, mais son influence dans l’ordre international a été largement discutée et enregistrée par un micro ouvert). La semaine dernière, Emmanuel Macron a présidé une réunion virtuelle avec les pays du G7 et la Chine afin de discuter des déséquilibres économiques mondiaux. La réunion d’Emmanuel Macron a été interprétée comme une tentative de changer de sujet dans les débats géopolitiques en détournant l’attention des droits de douane vers une réflexion plus large sur la surcapacité industrielle et l’excédent commercial de la Chine, le ralentissement de la productivité et de la croissance en Europe, ainsi que sur les politiques commerciales protectionnistes.
La perspective du président français concorde avec l’objectif initial du G6, qui est devenu le G7 lorsque le Canada l’a rejoint en 1976. Un article de l’Associated Press datant de novembre 1975 révèle que, lors d’un sommet de trois jours à Rambouillet, en France, les chefs d’État du monde ont cherché à convertir la récession économique mondiale en prospérité, tout en combattant l’inflation, le chômage et la baisse des échanges internationaux. (L’article mentionne également que le premier soir, le « plat principal était du poulet farci, accompagné de vins de qualité moyenne ».)
Narendra Modi et Lee Jae-myung ont été invités
Le premier ministre indien Narendra Modi et le président sud-coréen Lee Jae-myung figuraient parmi les pays partenaires du sommet de cette année; tous deux s’efforcent de renforcer leurs liens avec l’Europe. Emmanuel Macron a rencontré le premier ministre Modi dimanche à Nice pour inaugurer « Bharat Innovates », un salon de trois jours consacré aux technologies indiennes. Les deux dirigeants ont abordé la commande prévue par l’Inde de 114 avions de combat français Rafale, ainsi que des questions technologiques et commerciales. Ils ont également adopté une feuille de route Innovation 2030 et mis en place un groupe de travail bilatéral sur l’IA.
Narendra Modi a positionné l’Inde comme plus qu’une partenaire au sommet du G7 : il qualifie son rôle de « pont » entre ses membres et le Sud global. Il a ajouté que « l’Inde ne parle par qu’en son nom [...], elle est également le porte-parole des aspirations du Sud global ». Le premier ministre Modi s’est également rendu en Slovaquie et en Suisse.
Le voyage de dix jours du président Lee en Europe — qui l’a conduit en France, en Belgique, en Italie et au Vatican — était sa première visite officielle sur le continent depuis son entrée en fonction en juin 2025. Le président sud-coréen a déclaré que ce voyage permettrait de renforcer les fondements diplomatiques et économiques de la Corée du Sud dans un contexte de « crises mondiales qui se chevauchent ».
L’importance des minéraux
Lors du sommet, la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a proposé une « initiative de stockage conjoint » pour les minéraux critiques, s’appuyant sur l’une des priorités de la présidence canadienne du G7 de l’année dernière. La continuité sur cette question constitue une victoire pour Mark Carney, démontrant qu’Ottawa est capable de définir l’ordre du jour et de faciliter les discussions entre les États de la région indo-pacifique (tels que l’Australie, l’Inde et la Corée du Sud) et le G7.
M. Carney a rencontré M. Modi mardi afin de faire le point sur « les progrès réalisés dans le domaine de la coopération économique bilatérale » et d’entamer des négociations en vue d’un accord général sur la sécurité de l’information. Les deux dirigeants se sont montrés optimistes quant à ces relations, soulignant leur volonté de mettre en place « un partenariat stratégique tourné vers l’avenir ». Contrairement au communiqué publié à l’issue d’une précédente réunion en mars, celui de cette semaine ne faisait aucune mention des « valeurs démocratiques », de la « répression transnationale » ou de « l’État de droit ». Marc Carney a invité Narendra Modi à se rendre au Canada dans le courant de l’année.