Le président du Myanmar et ancien chef de la junte, Min Aung Hlaing, a conclu hier une visite de cinq jours en Inde, son premier voyage à l’étranger depuis son accession à la présidence il y a deux mois.
La visite pourrait présager une volonté par d’autres leaders de l’Indo-Pacifique d’accommoder la junte, devenue un paria sur la scène internationale depuis le coup d’État de 2021 (et la guerre civile, toujours en cours, qui en a résulté). Des élections considérées comme non crédibles se sont tenues au Myanmar entre décembre 2025 et janvier 2026. Les élus, en majorité des loyalistes militaires, ont choisi Min Aung Hlaing comme président en avril.
Le voyage montre à quel point l’Inde attache une grande importance à la stabilité de son « voisinage ». New Delhi semble prête à assumer le malaise que pourrait susciter une telle rencontre publique en échange d’une sécurité accrue le long de sa frontière commune de 1 643 kilomètres avec le Myanmar, d’un meilleur accès aux minéraux critiques du pays et d’une influence renforcée face à la Chine.
Le ministre indien des Affaires étrangères, Vikram Misri, a semblé prendre ses distances de la junte, affirmant aux journalistes que la visite « ne se voulait pas une prise de position sur les arrangements politiques internes » au Myanmar.
Un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères a déclaré que « tous les enjeux qui font partie de l’éventail des relations entre le Myanmar et l’Inde feront l’objet de discussions ».