Le Sommet canadien de l’investissement cherche à relancer les investissements en Asie

Des financiers responsables de 100 billions $ CA d’actifs se sont réunis à Toronto cette semaine pour deux jours de négociations, alors que le Canada cherche à stimuler les investissements au cours des cinq prochaines années.

Le prospectus du sommet détaillait 167 projets, dont plusieurs étaient liés à l’Asie. Parmi les propositions les plus coûteuses figurait celle de Ksi Lisims (28,5 milliards $ US), soit un terminal flottant d’exportation de GNL dans le Nord de la Colombie-Britannique, qui transporterait du GNL vers l’Asie.

Lundi, Santos, une société pétrolière et gazière australienne, a conclu un accord non contraignant prévoyant l’achat d’un million de tonnes de GNL par an à Ksi Lisims pendant une période maximale de 20 ans, à compter de 2031. Les trois autres acteurs annoncés du projet – Shell, TotalEnergies et SEFE – sont européens, mais c’est Samsung Heavy Industries, de la Corée du Sud, qui construira les unités flottantes.

Le projet d’oléoduc pétrolier de la côte ouest, d’une longueur de 1 250 kilomètres, qui transporterait du brut albertain vers le Sud de la Colombie-Britannique pour les acheteurs asiatiques, figurait également dans le prospectus, tout comme la mine de minerai de fer Kami de Terre-Neuve-et-Labrador, d’une valeur de 2,97 milliards $ US (soutenue par des partenariats avec les sociétés japonaises Nippon Steel et Sojitz) et le projet Casino, un gisement cuivre-or non développé et « une occasion majeure de minéraux critiques » au Yukon, pour lequel Mitsubishi Materials est un partenaire stratégique.

Financement agricole Canada a également annoncé 150 millions $ CA pour Velocity Agri-Capital Partners afin de « contribuer à renforcer le système alimentaire canadien ». L’entreprise cherche à obtenir 350 millions $ CA supplémentaires auprès d’autres investisseurs. Arlene Dickinson, associée générale chez Velocity Agri-Capital, a déclaré dans un communiqué que « le fonds aidera [...] les entreprises canadiennes prêtes à exporter vers l’Asie du Sud-Est et à attirer des investissements d’entreprises d’Asie du Sud-Est qui souhaitent s’installer et créer des emplois ici ».

Les investissements entre le Canada et l’Asie tombent à leur plus bas niveau depuis 20 ans

De nouvelles données de la FAP Canada montrent que, malgré l’attention accrue accordée par Ottawa à l’Asie depuis sa Stratégie pour l’Indo-Pacifique de 2022, l’ambition du Canada dans la région n’a pas encore atteint son plein potentiel. Notre rapport annuel Investment Monitor, publié vendredi, a révélé que les flux totaux d’IDE entre le Canada et la région indo-pacifique ont diminué en 2025 pour la deuxième année consécutive, atteignant leur plus bas niveau depuis 20 ans.

Investissements directs étrangers bilatéraux entre le Canada et l'Indo-Pacifique, 2026-2025

Cette baisse découle d’une chute de 52 % des IDE de la région indo-pacifique au Canada, qui sont passés de 19,3 milliards $ CA en 2024 à 9,2 milliards $ CA l’an dernier. En revanche, les investissements du Canada dans la région ont augmenté de 7 %, passant d’un peu moins de 8 milliards $ CA en 2024 à environ 8,6 milliards $ CA en 2025, marquant ainsi la première hausse de l’IDE canadien dans la région en quatre ans.

Dans une allocution prononcée dimanche, le premier ministre canadien Mark Carney a souligné qu’Ottawa « modifie la façon dont nous abordons l’investissement au Canada » et réorganise Investir au Canada, l’agence canadienne d’attraction et de promotion des IDE.

M. Carney a déclaré au Globe and Mail qu’il « existe une énorme occasion pour le Canada, tant en Europe qu’en Asie. On peut dire que nous n’avons pas réalisé notre potentiel dans ces marchés ».

Le président et chef de la direction de la FAP Canada, Jeff Nankivell, a déclaré à Observatoire Asie que « des initiatives telles que le Bureau des grands projets, les Grappes d’innovation mondiales du Canada et l’Accélérateur canadien des minéraux critiques renforcent la proposition d’investissement du Canada en démontrant l’engagement du gouvernement à faire progresser les projets dans des secteurs stratégiques ».

Il a ajouté que les accords de libre-échange, comme l’APEG Canada-Indonésie, et les accords stratégiques envoient des signaux positifs aux entreprises au pays et à l’étranger. « Toutefois, la capacité des entreprises à tirer parti de ces accords et à les transformer en investissements dépendra d’une attention soutenue et d’une exécution disciplinée par les gouvernements canadiens quant aux changements politiques et réglementaires pertinents », a déclaré M. Nankivell.

Intérêt pour la région indo-pacifique

Des investisseurs de l’Australie, de Hong Kong, du Japon, de la Malaisie et de Singapour ont participé au sommet, dont Dilhan Pillay, le PDG de Temasek, une société d’investissement publique qui gère un portefeuille de 568 milliards $ CA. M. Carney a rencontré M. Pillay lundi.

Des représentants de la China International Capital Corporation, une banque d’investissement, et de la China Investment Corporation, un fonds souverain dont les actifs sont estimés à 1,6 billion $ US, étaient aussi présents.

Les IDE entre le Canada et la Chine sont passés de 3,9 milliards $ CA en 2024 à environ 1,5 milliard $ CA en 2025. Notre équipe d’Investment Monitor a attribué cette baisse à « une tendance à long terme d’affaiblissement des investissements chinois au Canada, en partie due au régime plus strict de sélection des investissements du Canada pour les minéraux critiques et les secteurs stratégiques ». Il est à noter qu’aucune entreprise chinoise n’a été inscrite dans le prospectus du Sommet de l’investissement.