Les conseillers à la sécurité nationale du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud (BRICS), ainsi que d’autres pays, se sont réunis lundi et mardi à New Delhi pour discuter des « défis de sécurité non traditionnels », notamment des risques liés aux nouvelles technologies, selon le ministère indien des Affaires étrangères.
Le groupe BRICS s’est élargi au cours des deux dernières années et compte désormais l’Égypte, l’Indonésie et l’Iran parmi ses membres, entre autres. Ensemble, les pays du groupe élargi BRICS+ représentent environ la moitié de la population mondiale et 40 % du PIB mondial.
Cette semaine, Ajit Doval, le conseiller indien, a reçu le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Shoigu, le secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, ainsi que d’autres délégués. Messieurs Doval et Wang se sont rencontrés en marge de la réunion.
Ces réunions, qui se sont tenues à peine une semaine après le sommet des chefs d’État du G7 en France, mettent en évidence la capacité de l’Inde à jouer un rôle de médiation entre ces deux grands blocs géopolitiques. Le premier ministre indien, Narendra Modi, qui assure cette année la présidence des BRICS+, figurait parmi la poignée de chefs d’État invités au sommet du G7 par le président français Emmanuel Macron. Il y a peu de pays communs entre le G7 et les BRICS+ (le Brésil et l’Égypte ont également été invités au G7), et New Delhi tire parti de sa position privilégiée en concluant des accords portant notamment sur le commerce, l’investissement et l’innovation avec des pays des deux camps, se protégeant ainsi contre la coercition économique et les droits de douane.
New Delhi accueillera les chefs d’État des BRICS+ en septembre. On ignore encore si le président chinois Xi Jinping, âgé de 73 ans, sera présent, ou s’il enverra le premier ministre chinois à sa place. La participation du président Xi serait de bon augure pour les relations sino-indiennes, qui se sont récemment améliorées, les deux parties visant une « normalisation progressive » après les affrontements meurtriers survenus à la frontière en 2020.