Les ministres Sidhu, McGuinty et Joly en tête de la délégation canadienne au Japon

Un trio de ministres canadiens s’est rendu au Japon cette semaine dans le cadre d’une mission axée sur le commerce, l’industrie et la défense, afin de conclure des accords et de se prémunir contre la lenteur des négociations commerciales avec les États-Unis et le Mexique.

Le ministre canadien du Commerce international, Maninder Sidhu, a dirigé cette mission commerciale de quatre jours au Japon, aux côtés du ministre de la Défense, David McGuinty. Les deux ministres ont été rejoints par 300 délégués issus de 171 entreprises — il s’agit de la plus importante mission commerciale canadienne dans la région indo-pacifique depuis le lancement du programme en 2023. (La mission menée en Chine en 2001 par le premier ministre canadien Jean Chrétien comptait 600 délégués.)

La ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, a fait une visite en même temps que les ministres Sidhu et McGuinty pendant une journée. Elle s’est rendue au Japon après un voyage en Chine, où elle a discuté des quotas canadiens applicables aux véhicules électriques chinois avec BYD, Chery, Geely et Shanghai Launch Automotive Technology, ainsi que de la coopération industrielle entre le Canada et la Chine.

À Tokyo, l’arrivée d’un groupe de ministres canadiens — Sidhu, McGuinty et Joly — a mis en évidence à quel point le commerce, la sécurité nationale et la politique industrielle sont étroitement liés. Sur les 171 entreprises participant à la mission, 45 appartiennent au secteur de la défense et de la sécurité, soit le plus grand nombre parmi tous les secteurs d’activité. Les autres entreprises sont actives dans les domaines des technologies propres, des technologies de l’information et de la communication, de l’agriculture et de la sylviculture.

Ce déplacement ministériel fait suite à la visite du premier ministre canadien Mark Carney au Japon en mars. M. Carney et la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, ont élevé leurs relations bilatérales au rang de Partenariat stratégique global, couvrant les domaines de la défense, de la sécurité économique, de l’énergie, de la technologie et des relations commerciales. Le Japon est le cinquième plus important partenaire commercial du Canada.

Les voitures et l’ACEUM

Le moment choisi pour cette mission est révélateur. La première réunion trilatérale officielle consacrée à la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est prévue le 1er juillet. À cette occasion, les trois pays décideront soit de renouveler l’accord pour une durée de 16 ans, soit de s’en retirer, soit de lancer un processus de révision annuelle.

Ottawa a présenté cette mission commerciale au Japon comme « [un renfort à] son engagement de longue date en faveur de la diversification commerciale ». Ce voyage pourrait permettre d’atteindre cet objectif, mais il offre également aux ministres l’occasion d’apaiser les inquiétudes des entreprises japonaises, qui suivront de près le processus de révision de l’ACEUM.

Comme l’a déclaré Goldy Hyder, président du Conseil canadien des affaires, à CTV : « Le Japon a clairement indiqué que, pour que les investissements se poursuivent — en particulier dans le secteur automobile —, il souhaite que nous conservions un accès préférentiel au marché américain. » L’ambassadeur du Japon au Canada a également fait part de préoccupations similaires.

Défense et sécurité, de la mer au ciel

Les relations entre le Canada et le Japon dans le domaine de la défense se renforcent, notamment grâce à l’accord sur la sécurité de l’information (janvier 2026) et à l’accord sur le transfert d’équipements et de technologies de défense (juin 2026) entre le Canada et le Japon. Ces deux accords ouvrent de nouvelles perspectives aux entreprises canadiennes qui souhaitent collaborer avec des entreprises japonaises du secteur de la défense.

À Tokyo, M. McGuinty a cherché à tirer parti de ces progrès en rencontrant son homologue japonais, Shinjiro Koizumi, afin de discuter des « priorités communes en matière de sécurité ». Jusqu’au 5 juillet, le Canada et le Japon participent à l’exercice VALIANT SHIELD, mené par les États-Unis, une vaste opération navale menée autour d’Hawaï et de Guam. De plus, le Canada aurait l’intention de participer, en tant qu’observateur, à un projet réunissant le Japon, le Royaume-Uni et l’Italie visant à « concevoir un avion de chasse de nouvelle génération ».

Tous ces signes témoignent du renforcement du partenariat entre le Canada et le Japon. Cela profite tout particulièrement au Japon, qui est en conflit avec la Chine au sujet de Taïwan depuis novembre 2025. En réponse à l’agression chinoise dans la région, en partie, le Japon réalise des investissements historiques dans ses forces d’autodéfense, avec pour objectif, pour la première fois, de consacrer l’équivalent de 2 % de son PIB à la défense.