Xi, Modi et Poutine se rencontrent lors du sommet du Kirghizistan

Les dirigeants de la Chine, de l’Inde et de la Russie se sont retrouvés lundi et mardi à Bichkek, au Kirghizistan, pour le sommet annuel de l’Organisation de coopération de Shanghai, un regroupement d’États essentiellement d’Asie centrale qui s’intéresse surtout aux questions relatives à la sécurité.

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai comprennent le Bélarus, la Chine, l’Inde, l’Iran, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Pakistan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Cette semaine, les dirigeants ont discuté du conflit entre les États-Unis et l’Iran, de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et d’autres questions régionales.

Le premier ministre indien Narendra Modi a rencontré le président russe Vladimir Poutine lundi, lui disant après une accolade que la guerre en Ukraine devait cesser. À l’échelle mondiale, l’Inde est l’un des plus gros acheteurs de pétrole russe (en moyenne 2,8 millions de barils par jour en juillet), un point de discorde entre New Delhi et Washington.

Poutine et le président chinois Xi Jinping se sont brièvement rencontrés; Xi a déclaré qu’il était prêt à travailler avec Moscou pour réformer la gouvernance mondiale et faire progresser un « monde multipolaire ordonné ».

La réunion des ministres des Finances du G20 s’est déroulée dans l’État américain de la Caroline du Nord en même temps que le sommet, offrant une « image divisée » de deux ordres mondiaux opposés.

L’Inde est le seul pays membre de l’Organisation de coopération de Shanghai, du G20, des BRICS+ et du Quad.

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Credit: Flourish team

Rien de mieux que de rester chez soi

Ce n’est que le deuxième voyage à l’étranger de M. Xi en 2026. (Il s’est déjà rendu en Corée du Nord en juin.) En 2014, M. Xi a effectué 20 visites à l’étranger et seulement 6 l’année dernière.

Le président de 73 ans invite de plus en plus les dirigeants mondiaux en Chine, plutôt que de se déplacer lui-même, et a envoyé à sa place le premier ministre Li Qiang et d’autres hauts fonctionnaires à certains sommets et réunions. De nos jours, tout voyage à l’étranger de M. Xi revêt une importante signification, soulignant les priorités diplomatiques de la Chine. Après le Kirghizistan, M. Xi doit se rendre en Égypte.

L’Organisation de coopération de Shanghai célèbre cette année son 25e anniversaire. Le groupe était initialement limité à six pays et était fortement engagé dans la lutte contre le terrorisme avant d’étendre ses activités au « renforcement de la confiance mutuelle », aux « nouveaux défis et menaces » et à la « promotion de la croissance économique ». L’organisation demeure une coalition d’États ouverte, avec les rivaux indiens et pakistanais aux côtés de l’Iran, de la Russie, de la Chine et d’autres. Mais la présence de Poutine, Modi et surtout Xi montre que, malgré sa vision floue de garantir la « paix, la sécurité et la stabilité dans la région », l’Organisation de coopération de Shanghai suscite toujours de l’intérêt.

Le sommet offre une leçon potentielle au premier ministre canadien Mark Carney, dont les tentatives visant à former une coalition de puissances moyennes ont fait les manchettes mais n’ont, jusqu’à présent, généré aucun résultat concret. Les objectifs de l’Organisation de coopération de Shanghai sont peut-être flous (et certains de ses membres divisés), mais sa structure officielle permet au groupe de se réunir, de discuter et, lorsque cela leur convient, de défendre des initiatives concrètes, comme la structure antiterroriste régionale, les exercices militaires conjoints et tout juste l’année dernière, la Banque de développement de l’Organisation de coopération de Shanghai.