Les perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz ont mis à nu les vulnérabilités en matière de sécurité énergétique de l’Asie du Sud face à l’instabilité géopolitique dans le golfe Persique. Le détroit, par lequel transite environ le quart du commerce maritime mondial et près d’un cinquième des livraisons mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL), demeure l’un des principaux goulets d’étranglement énergétiques au monde.
Depuis février 2026, le conflit au Moyen-Orient a perturbé ces flux à plusieurs reprises, révélant la forte dépendance de plusieurs économies sud-asiatiques aux importations de pétrole, de gaz et d’engrais provenant du golfe Persique. L’incertitude qui en découle a fait augmenter les coûts de l’énergie et les factures d’importation des États de la région, tout en exerçant des pressions sur leurs finances publiques et leurs réserves de change.
Les répercussions de cette crise varient d’un pays à l’autre selon leur dépendance aux importations, leur marge de manœuvre budgétaire, leur diversification énergétique et leurs réserves extérieures. Au début du conflit, l’Inde se trouvait dans une position relativement plus solide : les interventions gouvernementales et les sociétés pétrolières d’État ont d’abord atténué les effets du choc. Toutefois, à mesure que les perturbations persistent, le pays fait face à une hausse des coûts énergétiques et à des pressions économiques croissantes
Le Bangladesh, qui bénéficie du mécanisme de financement d’urgence de la Banque mondiale, et le Pakistan, qui met en œuvre un programme soutenu par le Fonds monétaire international (FMI), sont confrontés à de nouvelles pressions extérieures. L’augmentation de leurs factures d’importation d’énergie pèse à la fois sur leurs réserves de change, leurs finances publiques et la fiabilité de leur approvisionnement énergétique. Le Sri Lanka compose également avec ces perturbations au moyen de mesures de rationnement et des mécanismes de financement du FMI. Cet épisode a toutefois ravivé les vulnérabilités persistantes héritées de la crise économique de 2022. Les plus petites économies de la région, notamment le Bhoutan, les Maldives et le Népal, sont principalement touchées par leur dépendance aux carburants importés et par des marges de manœuvre extérieures limitées.
Pour le Canada, cette crise fait ressortir une occasion stratégique à plus long terme. À mesure que les pays d’Asie du Sud diversifient leurs sources d’énergie et leurs chaînes d’approvisionnement, le Canada pourrait renforcer sa présence économique dans la région grâce aux exportations d’énergie, au commerce des engrais, ainsi qu’à des partenariats dans les domaines des infrastructures et du financement. Ces initiatives pourraient contribuer à renforcer la sécurité énergétique de la région.
Les effets de la crise au Moyen-Orient sur l’Asie du Sud
Inde
L’Inde est le troisième plus grand consommateur d’énergie au monde. Elle importe environ 89% de son pétrole brut, près de la moitié de son gaz naturel et environ 60% de son gaz de pétrole liquéfié (GPL). Pendant environ les deux premiers mois du conflit au Moyen-Orient, le pays a absorbé le choc sans répercuter pleinement la hausse des prix sur les consommateurs. Cette capacité découle de la diversification de ses sources d’approvisionnement, de sa marge de manœuvre budgétaire et de l’intervention de l’État. Entre 2022 et le début de 2026, l’Inde a élargi ses sources d’approvisionnement en pétrole brut, passant de 21 à 41 pays. Le pétrole russe acheté à prix réduit t, ainsi que la reprise des importations de pétrole vénézuélien, ont constitué des sources d’approvisionnement importantes hors du golfe Persique. Une dérogation accordée par le département du Trésor américain le 6 mars 2026 a permis la poursuite des livraisons de pétrole brut vers l’Inde. Elle a également souligné que les futures acquisitions de pétrole russe dépendraient du prix, de la disponibilité et de la sécurité de l’approvisionnement.
À la date du 11 mai 2026, par contre, le registre du gouvernement est devenu plus prudent. Le ministre indien du Pétrole et du Gaz naturel a indiqué que l’Inde disposait de stocks équivalant à 60 jours de consommation de pétrole brut, à 60 jours de consommation de gaz naturel et à 45 jours de consommation de GPL. Pendant ce temps, les sociétés pétrolières d’État auraient enregistré des pertes d’environ 1 000 crores de roupies — soit environ 105 millions de dollars américains — par jour.
Ces données laissent entendre que le choc a été relativement contenu, mais au prix de compromis importants. En mai 2026, la roupie indienne avait perdu plus de 5% de sa valeur depuis le début du conflit. Les usines d’engrais ne recevaient plus qu’environ 70%de leurs besoins minimaux en gaz. Le premier ministre Narendra Modi a en outre appelé les ménages et les entreprises à économiser l’énergie et à réduire leur consommation à forte intensité d’importations. Ces mesures témoignent d’un effort gouvernemental coordonné visant à freiner la demande, à préserver les réserves de change et à empêcher que les pressions extérieures ne soient intégralement répercutées sur les prix intérieurs.
Alors que l’Inde poursuit ses efforts pour gérer les perturbations, la crise met en évidence le potentiel d’une coopération énergétique accrue avec le Canada. En 2025, les exportations canadiennes de pétrole et de gaz vers l’Inde ne représentaient que 0,01% des exportations canadiennes totales de ces produits, la plus grande partie du pétrole brut canadien étant toujours exportée vers les États-Unis. Le commerce des engrais était toutefois relativement plus important : l’Inde représentait environ 4% des exportations canadiennes d’engrais.
Le GPL canadien est principalement riche en propane, contrairement aux mélanges à forte teneur en butane généralement utilisés dans le marché résidentiel indien. À moyen et à long terme, il pourrait néanmoins être possible de mieux harmoniser les capacités de mélange et de traitement. L’expansion des infrastructures énergétiques et des capacités d’exportation du Canada, conjuguée à un engagement économique renouvelé entre le Canada et l’Inde, pourrait ouvrir la voie à une coopération accrue dans les secteurs du pétrole brut, du GNL et du GPL. Une telle coopération contribuerait, par conséquent, à renforcer la sécurité énergétique de l’Inde.
Bangladesh
Avec une population de plus de 175 millions d’habitants, le Bangladesh demeure très vulnérable aux perturbations énergétiques. Le pays importe environ 95% des produits pétroliers qu’il consomme et près du tiers de son gaz. Les importations représentent environ les deux tiers de son approvisionnement énergétique primaire, une proportion qui est passée de 47,7% au cours de l’exercice 2020-2021 à 62,5% en 2024-2025. Parallèlement, les énergies renouvelables, y compris l’hydroélectricité, ne représentaient qu’environ 2,3% de la production d’électricité raccordée au réseau. Cette situation expose le pays à la volatilité des prix et aux perturbations de l’approvisionnement en combustibles fossiles.
Cette vulnérabilité est amplifiée par la dépendance du Bangladesh envers le Moyen-Orient. Environ 63% de son pétrole brut provient de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l’Irak, tandis que le Qatar fournit à lui seul environ 64% de ses importations de GNL. Les perturbations ont entraîné des pannes d’électricité prolongées,des arrêtsdans des usines d’engrais et des difficultés dans le secteur du vêtement, qui représente environ 80 à 85% des exportations du pays. En avril, certaines usines ne fonctionnaient qu’à 40 à 50% de leur capacité.
La réponse budgétaire du Bangladesh dépend de plus en plus du financement extérieur. Depuis mars 2026, le pays a cherché à obtenir plus de 2 milliards de dollars américains en aide d’urgence auprès d’institutions multilatérales et négociait un prêt additionnel de plus de 1 milliard de dollars américains destiné à l’expansion de capacités de raffinage. La Banque mondiale a approuvé 350 millions de dollars américains pour soutenir les importations de GNL, ainsi qu’un programme de financement d’urgence de 1,1 milliard de dollars américains afin d’aider le Bangladesh à composer avec les pressions liées à l’énergie, à l’alimentation et aux engrais. Parallèlement, Dacca a entrepris de diversifier ses partenariats énergétiques. Le pays a renforcé sa coopération énergétique avec les États-Unis, poursuivi le développement de la centrale nucléaire de Rooppur avec Rosatom, la société nucléaire d’État russe, et élargi ses sources d’importation de carburants à plusieurs régions.
Le Bangladesh mise également davantage sur les énergies renouvelables afin de réduire sa dépendance aux importations et d’alléger les pressions sur ses réserves de change. Le gouvernement vise l’ajout de 10 000 MW de capacité solaire et sollicite activement les investissements étrangers dans ce secteur, y compris ceux du Canada.
Pour le Canada, il existe une occasion claire d’aller au-delà des hydrocarbures, notamment par des investissements, des transferts de technologie et le développement de projets d’énergie renouvelable. Le commerce des engrais constitue également une possibilité : le Bangladesh importe environ 2% des exportations canadiennes d’engrais , tandis que les pénuries de gaz naturel continuent de nuire à la production nationale d’engrais et d’accroître la dépendance du pays envers les importations.
Pakistan
Deuxième pays le plus peuplé d’Asie du Sud, avec une population d’environ 250 millions d’habitants, le Pakistan a vu la crise dans le détroit d’Ormuz mettre en évidence les profondes vulnérabilités d’un système énergétique déjà soumis à d’importantes pressions structurelles et budgétaires. Le pays importe environ 86% de ses besoins énergétiques, dont plus de 80% de son pétrole. Environ 60% de ses approvisionnements en GPL proviennent de l’Iran, tandis que le Qatar et les Émirats arabes unis fournissent ensemble près de 99% des importations pakistanaises de GNL. Cette dépendance expose fortement le Pakistan aux perturbations des marchés énergétiques du golfe Persique, à la volatilité des prix des carburants et aux pressions persistantes sur son compte extérieur.
Encore en janvier 2026, le Pakistan disposait d’un excédent de GNL, car le déploiement rapide du solaire photovoltaïque en toiture avait réduit la demande sur le réseau électrique. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont toutefois rapidement renversé cette situation, faisant passer le pays d’une gestion des excédents à une gestion urgente de l’approvisionnement, dans un contexte de forte hausse des coûts d’importation. Le premier ministre Shehbaz Sharif a déclaré que la facture hebdomadaire des importations pétrolières avait augmenté d’environ 300 millions de dollars américains depuis le début de la crise, pour atteindre 800 millions de dollars américains après les perturbations. Cette hausse a exercé une pression considérable sur la balance des paiements.
La réponse du gouvernement s’est concentrée sur la gestion de la demande, la diversification des sources d’approvisionnement et la maîtrise des dépenses publiques. Les mesures comprenaient la réduction du temps de travail dans le secteur public, le recours au télétravail et la fermeture temporaire d’écoles afin de limiter la consommation d’énergie. Islamabad a également annoncé son intention d’accroître ses importations de pétrole russe afin de diversifier ses sources d’approvisionnement. Toutefois, la capacité du pays à absorber le choc pour les consommateurs demeure limitée par son programme de 7 milliards de dollars américains soutenu par le FMI, ainsi que par l’endettement circulaire persistant dans les secteurs de l’électricité et du gaz.
L’expansion du solaire photovoltaïque constitue néanmoins un amortisseur important pendant cette crise. Au cours des cinq dernières années, le Pakistan a importé environ 45 GW de panneaux solaires, ce qui a contribué à réduire la demande sur le réseau et la dépendance au GNL importé. Cependant, le passage du comptage net à la facturation nette en février 2026 a réduit la rémunération versée aux consommateurs pour l’électricité excédentaire injectée dans le réseau. Cette modification a affaibli les incitatifs à l’installation de nouveaux systèmes solaires en toiture et pourrait ralentir l’un des outils les plus efficaces du Pakistan pour améliorer sa sécurité énergétique et réduire sa dépendance aux importations.
En 2025, les exportations canadiennes de pétrole et de gaz vers le Pakistan ne représentaient que 0,001% des exportations canadiennes totales de ces produits. Il existe donc une marge importante pour accroître les échanges bilatéraux dans le secteur de l’énergie à moyen et à long terme. Des possibilités se présentent également pour augmenter les exportations canadiennes d’engrais — qui représentent actuellement environ 0,14% des exportations canadiennes d’engrais — et approfondir la coopération dans les énergies renouvelables. Les avancées récentes et les annonces faites lors de la rencontre du 20 juillet 2026 entre la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, et le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Mohammad Ishaq Dar, mettent en évidence le potentiel d’un accroissement des investissements canadiens dans les capacités d’énergie renouvelable du Pakistan. Parmi ces initiatives figure le projet hybride éolien-solaire de 240 MW de Dhabeji, que l’entreprise canadienne JCM Power développera en partenariat avec K-Electric.
Toutefois, les contraintes budgétaires, les pressions sur les comptes extérieurs et l’application continue du programme du FMI risquent de limiter, à court terme, l’essor du commerce et des investissements bilatéraux.
Sri Lanka
Le Sri Lanka importe environ 60% de ses besoins énergétiques et ses importations de gaz naturel demeurent négligeables. Les ménages dépendent donc fortement du GPL importé, historiquement fourni en grande partie par l’Iran pour répondre aux besoins intérieurs. Le pays demeure sous un programme du FMI au titre du Mécanisme élargi de crédit, mis en place à la suite du défaut souverain de 2022. La dette publique atteint environ 101% du PIB, tandis que les capacités de stockage de carburant couvrent moins d’un mois de consommation.
Les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont ravivé des mesures d’urgence déjà connues. Le 15 mars, le président Anura Kumara Dissanayake a rétabli un système de rationnement du carburant au moyen d’un code QR, initialement instauré durant la crise de 2022. Le gouvernement a également désigné le mercredi comme jour férié pour les employés du secteur public afin de réduire la consommation de carburant. Depuis le début de la crise dans le détroit d’Ormuz, les prix des carburants ont augmenté de 48%. Les tarifs d’électricité ont aussi été relevés de 18% afin de respecter les objectifs de recouvrement des coûts prévus dans le programme du FMI. Parallèlement, depuis le début du mois de mars, la roupie sri-lankaise s’est dépréciée d’environ 8,7% par rapport au dollar américain.
Ces perturbations sont aggravées par un épisode d’El Niño, qui devrait réduire la production hydroélectrique de 127 GWh au cours des prochains mois, forçant un recours accru aux combustibles fossiles importés pour la production d’électricité. Les perturbations de l’approvisionnement en engrais exercent également une pression supplémentaire sur la sécurité alimentaire durant les principales saisons agricoles. En réponse, Colombo privilégie la diversification de ses sources d’approvisionnement plutôt que le recours à de nouvelles subventions budgétaires, lesquelles demeurent limitées par le programme du FMI. Le pays est aussi en pourparlers afin d’acquérir du pétrole brut russe pour alimenter sa seule raffinerie, ainsi que des produits pétroliers raffinés de Russie et de Chine. Ces achats s’appuieraient sur une dérogation temporaire aux sanctions américaines, les transactions avec la Russie étant réglées en renminbi chinois.
Pour le Canada, le commerce énergétique direct avec le Sri Lanka demeure limité et ne devrait pas croître rapidement, compte tenu des contraintes budgétaires du pays. Les exportations de potasse de la Saskatchewan demeurent néanmoins pertinentes pour renforcer la résilience agricole du Sri Lanka. En outre, l’engagement du Canada par l’entremise d’institutions multilatérales, notamment le FMI et la Banque asiatique de développement, pourrait soutenir les infrastructures énergétiques et le développement des énergies renouvelables. La dépendance du Sri Lanka aux importations, la variabilité de la production hydroélectrique liée aux conditions climatiques et sa marge de manœuvre budgétaire limitée soulignent la nécessité, pour le Canada, de compléter les échanges bilatéraux par un engagement multilatéral plus large.
Bhutan, the Maldives, and Nepal
The experiences of Bhutan, the Maldives, and Nepal highlight the uneven impact of a shared external energy shock on smaller South Asian economies.
In 2023, Nepal derived nearly all its electricity from hydropower, which accounted for 99 per cent of generation that year. Currently, the country has no domestic oil production and relies almost entirely on India for petroleum fuels. This has exposed the country to global price shocks and a tightening of supply in India. One month into the crisis, aviation fuel prices had nearly doubled, LPG cylinders were being half-filled, and the government had extended the weekend from a single Saturday holiday to a two-day weekend.
Bhutan is similarly reliant on hydropower for domestic electricity needs but remains exposed through imported transport fuels and fertilizers routed via India from Gulf suppliers.
The Maldives is the most exposed of the three cases, with near-total dependence on imported fuel and public debt at around 130 per cent of GDP. Tourism-dependent growth has also declined sharply, falling from 5.4 per cent to one per cent this year, according to the ADB. In response to fuel constraints, the country secured additional supplies through arrangements with China in May 2026.
What are the common trends across the region?
South Asian states have exhibited a set of broadly similar structural pressures and policy responses to the Middle East crisis.
First, demand suppression has emerged as a default policy tool. Pakistan and Sri Lanka introduced shortened workweeks, and Nepal similarly expanded its weekend from one to two days. Sri Lanka declared midweek public holidays, and Bangladesh closed universities early. India encouraged households to shift peak electricity use to off-peak hours and accelerate rooftop solar adoption.
For fiscally stretched governments, suppressing demand proved faster and more feasible than expanding supply. This pressure was further compounded by El Niño-linked heat and rainfall disruptions, which increased electricity demand while simultaneously threatening hydropower generation in Bhutan, Nepal, and Sri Lanka.
Second, macroeconomic impacts were felt through currency depreciation and inflation. From late February to early June 2026, Bhutan, India, Nepal, and Sri Lanka all experienced notable currency depreciation, while Pakistan and the Maldives remained comparatively stable due to external support and currency arrangements, respectively. Inflation also rose across much of the region, with the sharpest increases in Pakistan and Bangladesh, while the Maldives was an exception, entering deflation by April 2026. These trends underscore how the energy shock translated into broader macroeconomic pressures.
Third, the region is diversifying its energy sources away from the Persian Gulf. India has expanded its crude import base to more than 40 countries. Bangladesh has begun diversifying fuel suppliers and import routes, including sourcing crude oil from Saudi Arabia and refined diesel imports from India. Pakistan has similarly widened its sourcing, including imports from the U.S., Russia, Venezuela, and Saudi Arabia, while the Maldives has secured fuel supplies through Chinese export arrangements. While these shifts signal a gradual rebalancing of supply chains, the Persian Gulf will remain critical to the region’s energy security.
Fourth, external financing and multilateral support have become structural features of crisis management. Bangladesh sought additional multilateral financing, including over US$1.4 billion in World Bank support for energy imports and essential food supplies, while Pakistan relied on its IMF-supported US$7-billion programme as balance-of-payments pressures intensified. Sri Lanka continued to draw on IMF support and ADB assistance to stabilize energy and external accounts, while Nepal also received IMF funding under its existing programme. India, by contrast, relied on its large foreign exchange reserves, diversified energy supplies, and domestic policy measures to manage the shock. These differing responses highlighted the importance of fiscal and external buffers in absorbing energy shocks.
Fifth, fertilizer emerged as a slower-moving yet critical vulnerability. Roughly one-third of global fertilizer trade passes through the Strait of Hormuz, and South Asia remains among the most fertilizer-intensive agricultural regions in the world. Bangladesh’s Boro rice season and India’s kharif planting cycle became key pressure points in the second half of 2026. While energy shocks dominated immediate policy responses, the implications for food security are increasingly significant and structurally longer-term.
South Asia entered 2026 with limited buffers against external shocks. Heavy dependence on Gulf energy supplies, once viewed as a cost-efficient arrangement, has increasingly revealed itself as a structural vulnerability under conditions of geopolitical disruption. While the 2026 crisis did not create these weaknesses, it certainly exposed the extent of this vulnerability.
What might Canada's role be in South Asia's medium- and long-term energy future?
South Asian countries import between 60 and 100 per cent of their oil and gas, leaving them heavily dependent on the Persian Gulf. The 2026 crisis showcased how disruptions in regional energy markets can quickly translate into inflationary pressure, currency depreciation, foreign exchange reserve drawdowns, and slower growth. While the immediate disruption has eased, its implications for energy security will persist well beyond the crisis itself.
This is where Canada’s emerging energy export infrastructure becomes strategically significant. LNG Canada’s facility in Kitimat, British Columbia, is already operating with an annual capacity of 14 million tonnes, with Phase 2 expected to double output to 28 million tonnes by the early 2030s. From Canada’s west coast, LNG cargoes reach North Asia in roughly 10 days via stable shipping routes that bypass the Strait of Hormuz and other contested chokepoints.
Similarly, planned west-coast pipeline and export expansions are intended to strengthen Canada’s access to Indo-Pacific markets through non-Hormuz routes. In parallel, Saskatchewan’s potash sector — already the world’s largest — positions Canada as a potential supplier of critical fertilizer inputs at a time when Persian Gulf supply disruptions have worsened agricultural vulnerabilities across South Asia.
For Canada, realizing this opportunity will depend less on resource availability than on execution. Expanding port capacity, strengthening rail and pipeline connectivity across Canada, ensuring timely regulatory approvals, and securing long-term offtake agreements will be central to converting potential into sustained trade flows. The strategic alignment is clear: Canada is seeking to diversify its export markets just as South Asian economies are seeking to diversify their energy supply chains.
The 2026 crisis has created a narrow yet significant window for Canada to position itself as a long-term energy and economic partner in the Indo-Pacific. Whether this opportunity is captured will depend on how quickly Canada translates strategic intent into infrastructure, agreements, and sustained engagement across the region.
- Edited by: Erin Williams, Director, Programs, and Ted Fraser, Senior Editor