Alors que les relations avec le Canada se refroidissent, l’Inde cherche à étoffer son service extérieur en « sous-effectifs »

Le Cabinet de l’Union indienne a récemment approuvé une proposition visant à ajouter 215 postes au service extérieur du pays, dont les effectifs sont insuffisants, au cours des cinq prochaines années. Sur papier, le service extérieur de l’Inde compte 1 011 agents, mais seuls 848 d’entre eux étaient actifs en mars 2023. Ces agents sont répartis dans quelque 193 missions diplomatiques dans le monde, dont deux consulats généraux et un haut-commissariat au Canada.

L’Inde, qui compte environ 1,43 milliard d’habitants, emploie à peu près le même nombre de diplomates que la Nouvelle-Zélande, qui a une population de 5,12 millions d’habitants. On estime que le nombre de diplomates chinois s’élève à 9 000, tandis que celui des diplomates japonais est d’environ 6 700. En 2022, le Canada comptait 2 777 employés en poste à l’étranger.

Un expert de l’Observer Research Foundation, un groupe de réflexion basé à Delhi, a déclaré au South China Morning Post que cette amélioration était la bienvenue, mais a fait remarquer que « les enjeux de capacités affectent depuis longtemps la politique étrangère de l’Inde ». Un autre expert en politique étrangère indienne a été plus direct, qualifiant le service extérieur du pays comme « manquant cruellement de personnel ».
 

Le service extérieur plafonne malgré une économie en plein essor

Depuis 2020-2021, le financement du ministère indien des Affaires extérieures (Ministry of External Affairs), qui supervise le service extérieur, oscille autour de 0,4 % du budget annuel du gouvernement, ce qui a suscité des plaintes de la part de certains anciens diplomates du pays. La commission des affaires extérieures de l’Inde a noté dans un rapport de mars 2023 que le service extérieur est gravement « dépourvu de personnel » par rapport à « beaucoup » d’autres pays.

Pendant ce temps, l’économie indienne continue de prospérer. Le PIB a augmenté de 7,6 % au cours du trimestre allant de juillet à septembre, soit un léger recul par rapport à la croissance de 7,8 % affichée au cours du trimestre précédent.
 

Récents revers dans la diplomatie canado-indienne

Dans sa stratégie pour l’Indo-Pacifique 2022, Ottawa s’est engagé à « renforcer la présence diplomatique du Canada » dans la région. Ce même document indiquait que « l’importance stratégique de l’Inde et son leadership, tant au sein de la région qu’à l’échelle internationale, ne feront que s’accroître ».

Depuis lors, les relations diplomatiques entre le Canada et l’Inde se sont considérablement refroidies. En octobre, après la déclaration du premier ministre canadien Justin Trudeau selon laquelle il existait des « allégations crédibles » liant potentiellement des agents du gouvernement indien au meurtre de Hardeep Singh Nijjar, l’Inde a menacé de révoquer l’immunité diplomatique de 41 diplomates canadiens en poste en Inde pour des raisons de « parité diplomatique ».

Cela a conduit le Canada à retirer ces diplomates et les personnes à leur charge du pays. Aujourd’hui, il ne reste que 21 diplomates canadiens dans le pays, ce qui correspond, selon l’Inde, au nombre de diplomates indiens travaillant au Canada.