Anita Anand aborde la disparition de « l’ordre ancien » lors de l’AGNU

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, a pris la parole samedi à l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) à New York pour s’engager à « montrer la voie aux autres puissances moyennes » alors que le monde traverse une véritable « rupture de l’ordre mondial ».

Mme Anand a déclaré que « les grandes puissances [...] détruisent l’intégration économique [et] veulent que les autres pays acceptent ce qu’on leur propose ». Elle a déclaré qu’Ottawa continuerait à former des « coalitions thématiques » avec « des petits États, des puissances moyennes et des grandes puissances », soulignant le rôle du Canada dans la mise en place d’un nouveau groupe de 23 membres, Partenaires pour le multilatéralisme, pour aider à réformer les Nations Unies et d’autres institutions multilatérales. (L’Australie et l’Inde sont les seuls pays de la région indo-pacifique qui font partie de ce groupe.)

Mme Anand a souligné qu’Ottawa « établit des partenariats renouvelés avec de grandes économies, telles que l’Inde et la Chine ». En qualifiant les deux pays d’« économies », Mme Anand souligne l’accent écrasant que met Ottawa sur les liens en matière de commerce et d’investissement.

Elle a ajouté qu’Ottawa « offre le Programme de détection des navires clandestins à [ses] partenaires », dont les avantages ont été mis de l’avant cette semaine. Lundi, à l’aide de la technologie fournie par le Canada, la garde côtière des Philippines a accusé un navire chinois d’avoir délibérément falsifié sa position géographique.

Le transpondeur du navire a indiqué qu’il se trouvait en Papouasie-Nouvelle-Guinée, alors qu’en réalité il se trouvait à l’intérieur de la zone économique exclusive des Philippines, à plus de 2 000 milles marins.

Des échos de Davos

La plupart des orateurs de la région indo-pacifique présents à l’Assemblée générale des Nations Unies semblaient d’accord avec certains éléments du diagnostic présenté par le premier ministre canadien Mark Carney à Davos, à savoir que « les grandes puissances ont commencé à recourir à l’intégration économique comme moyen de pression » et que « l’ordre ancien ne sera pas rétabli ».

La première ministre japonaise, Takaichi Sanae, a déclaré que « la stabilité de l’après-guerre froide appartient désormais au passé ». Le ministre des Affaires étrangères de l’Inde, S. Jaishankar, a déclaré que « nous assistons à une militarisation de tout ». Le président sud-coréen Lee Jae Myung a demandé aux pays de dépasser « la rivalité, l’impasse et la fragmentation ».

Lee Jae Myung a également proposé la création d’un « partenariat de contributeurs constructifs », un nouveau regroupement conçu pour protéger les chaînes d’approvisionnement en énergie. Cette proposition, jumelée à la création du groupe des Partenaires pour le multilatéralisme (et même à la Coalition des volontaires), montre que les pays sont de plus en plus ouverts à des partenariats ponctuels à court terme établis en dehors des enceintes traditionnelles.

M. Carney et le président de la Finlande Alexander Stubb ont fait allusion à cette tendance dans un article d’opinion publié en juillet, écrivant que « de plus en plus de coalitions dynamiques et pragmatiques seront formées autour d’intérêts communs plutôt que d’institutions communes ». La participation attendue de M. Carney aux sommets de l’ANASE, de l’APEC, de la Francophonie et du G20 cet automne offre davantage de possibilités de formation de coalitions.