Carney salue une « nouvelle ère » de relations entre le Canada et la Chine alors que les droits de douane s’assouplissent

La semaine dernière, le premier ministre canadien Mark Carney et le président chinois Xi Jinping ont inauguré « un nouveau chapitre » dans les relations entre le Canada et la Chine, établissant un nouveau « partenariat stratégique » et une feuille de route sur la coopération économique et commerciale, en plus de s’engager à résoudre les irritants commerciaux.

Vendredi dernier, M. Carney a fait remarquer que le Canada et la Chine « ont des histoires, des perspectives et des systèmes différents… Nous respectons ces différences ». Il a ensuite ajouté que « [n]ous prenons le monde comme il est, pas comme nous souhaiterions qu’il soit ». Dans un discours franc prononcé mardi dernier à Davos, M. Carney a fait part de son approche axée sur les intérêts renforcée par la politique étrangère hostile du président des États-Unis Donald Trump.

À Beijing, M. Carney et M. Xi se sont concentrés sur les « terrains d’entente » plutôt que sur les divergences, dévoilant un nouveau partenariat stratégique entre le Canada et la Chine englobant la coopération énergétique, économique et commerciale, la sécurité publique, le multilatéralisme, la culture ainsi que les liens entre les populations. L’annonce ne mentionnait pas les secteurs « sensibles », comme l’intelligence artificielle et la défense, mais faisait référence à des engagements visant à lutter contre le trafic de drogue, la cybercriminalité et le blanchiment d’argent.

Un éditorial publié dans le quotidien officiel chinois Global Times affirmait que la rencontre entre messieurs Xi et Carney représentait « le triomphe du réalisme et de la coopération sur la rigidité idéologique ».

Le communiqué de Beijing suggère que la Chine et le Canada « devraient respecter mutuellement leur souveraineté […], leur choix de système politique et les efforts de développement », et souligne que le Canada a réitéré sa politique d’une Chine unique, une remarque qui ne figure pas dans le communiqué canadien.

Concluons un accord (provisoire)

Le Canada et la Chine ont conclu un accord préliminaire visant à démêler un enchevêtrement de droits de douane et de restrictions. Le Canada « s’attend » maintenant à ce que la Chine réduise, à compter du 1er mars, les droits de douane sur les graines de canola canadiennes à 15 %, qui sont de 84 % à l’heure actuelle. Ottawa attend également de Beijing qu’elle abolisse les droits de douane sur la farine de canola, les homards, les pois et les crabes canadiens à la même date, en plus d’augmenter les importations de bœuf canadien et d’autres produits.

En outre, les Canadiens pourront bientôt voyager sans visa en Chine, dans la foulée de la reprise des voyages de groupes de visiteurs chinois au Canada à compter de novembre prochain.

Le Canada, quant à lui, autorisera l’entrée de 49 000 véhicules électriques chinois sur son territoire à un taux tarifaire de la nation la plus favorisée de 6,1 %, contre 100 % en 2024. Au cours des 11 premiers mois de 2025, seulement 156 936 véhicules à zéro émission ont été vendus au Canada, soit une baisse de 34,5 % par rapport à la même période en 2024.

De plus, le Canada continuera d’accorder des mesures d’allègement temporaire à certaines exportations chinoises d’acier et d’aluminium.

En 2024, le Canada a importé des marchandises chinoises pour une valeur de 88,8 milliards $ CA et exporté des marchandises canadiennes vers la Chine pour une valeur de 30 milliards $ CA. À titre de comparaison, la même année, les échanges commerciaux de marchandises entre le Canada et les États-Unis ont atteint environ 1,05 billion $ CA.

Une autocorrection

Mark Carney a fait valoir cette semaine que le retour effectif de la Chine sur le marché canadien des véhicules électriques représentait « une occasion pour l’Ontario, […] pour les travailleurs ontariens [et] pour le Canada », malgré les objections du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui a qualifié cet accord de terrible.

Ottawa doit maintenant transformer cet enthousiasme chinois en investissements dans l’industrie canadienne de l’automobile en difficulté. À Beijing, la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, a évoqué une future stratégie fédérale dans l’industrie automobile qui inciterait les entreprises étrangères, notamment chinoises, sud-coréennes et allemandes, à assembler des véhicules au Canada. L’industrie canadienne de l’automobile emploie directement environ 125 000 personnes.

Selon le Korea Times, Ottawa souhaite notamment que le constructeur automobile sud-coréen Hyundai investisse au Canada dans le cadre d’un accord plus large entre Ottawa et Séoul incluant Hanwha Ocean, un conglomérat sud-coréen de construction navale qui cherche à s’attirer le lucratif contrat canadien de sous-marins.

Cette commande, d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars, serait « le plus gros contrat d’exportation dans le domaine de la défense de l’histoire [de la Corée du Sud] ».