Cinq ans après le coup d’État, le Myanmar est au plus mal

Cinq ans se sont écoulés depuis le coup d’État militaire qui a déclenché une guerre civile dévastatrice au Myanmar. Aujourd’hui, le bilan est lourd : 70 000 personnes ont été tuées, 3,6 millions ont été déplacées et 16 millions ont besoin d’une aide humanitaire.

Dans un communiqué, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré que « la situation s’est détériorée pour devenir l’une des crises humanitaires et des droits de la personne les plus graves au monde ». Le journal indépendant The Irrawaddy, qui couvre le Myanmar, a affirmé que d’ici 2026, ce pays de 54,5 millions d’habitants sera « plus mal en point que jamais ».

La semaine dernière, lors d’une retraite aux Philippines, les ministres des Affaires étrangères de l’ANASE ont discuté de la situation du Myanmar, réaffirmant leur « détermination collective à trouver une solution pacifique et durable, menée et dirigée par le Myanmar ». L’ANASE a tenté de forger des conditions de paix au Myanmar sur la base du consensus en cinq points d’avril 2021, qui appelle notamment à la fin de la violence et au dialogue entre toutes les parties. Mais les efforts de l’ANASE n’ont donné lieu qu’à peu de progrès, voire aucun. Depuis 2021, un gouvernement fantôme pro-démocratique a quant à lui été à la tête de « peu de réussites majeures ».

Comme l’écrit Kai Ostwald, chercheur principal, dans un nouvel ouvrage coédité avec la FAP Canada, « de nombreux facteurs – notamment l’épuisement croissant des forces en présence, l’intervention accrue des pays voisins et le repositionnement politique des principales parties prenantes – propulsent le conflit dans une nouvelle phase qui aboutira à terme à un changement politique dans le pays. »

Bien que la violence puisse diminuer, M. Ostwald écrit dans Futures of Myanmar: Post-Conflict Scenarios, que le pays « connaîtra probablement un degré élevé de fragmentation politique » et que les perspectives d’une démocratisation significative sont « faibles ».