De nouveaux sondages révèlent la volatilité des élections taïwanaises, dont les enjeux sont considérables

À un peu plus d’un mois de l’élection du prochain président de Taïwan, la volatilité des sondages a ravivé l’incertitude quant à l’issue du scrutin du 13 janvier et maintient le reste du monde dans l’expectative quant à ses éventuelles ramifications géopolitiques.

Nous assistons à une course trois entre le vice-président Lai Ching-te du Parti démocrate progressiste (PDP), Hou Yu-ih du Kuomintang (KMT), ou Parti nationaliste, et Ko Wen-je du Parti populaire taïwanais (TPP), un parti en plein essor. M. Lai a conservé une avance constante depuis le mois de mai, mais en date du 1er décembre, M. Hou le suivait de près avec seulement trois pour cent d’écart (37 % contre 34 %).
 

Des votes encore à gagner

La réduction de l’avance de M. Lai était quelque peu inattendue; fin novembre, M. Hou (KMT) et M. Ko (TPP) ont envisagé de former une coalition, mais ces efforts ont échoué de manière spectaculaire après que les deux partis se soient affrontés publiquement sur la question à savoir quel candidat devait figurer en tête de liste. Toutefois, le choix ultérieur par le KMT du pilier du parti Jaw Shaw-kong comme colistier de M. Hou a contribué à renforcer le soutien de la base d’électeurs pour le KMT, plus favorable à Beijing.

Deux éléments restent donc en suspens. Le premier est de savoir si les 18 % d’électeurs qui soutiennent actuellement le TPP abandonneront M. Ko et apporteront leur soutien à l’un des deux principaux candidats. L’autre concerne les jeunes électeurs, dont beaucoup, après huit ans de règne du PDP, veulent du changement. Et si certains jeunes Taïwanais n’ignorent pas les enjeux géopolitiques de l’élection, ils recherchent également un dirigeant qui s’attaquera aux problèmes nationaux de base, tels que le coût élevé du logement.
 

Attendre la suite des événements

M. Lai a déclaré qu’il « soutiendrait le statu quo entre les relations transdétroit » de la politique de la présidente sortante, Tsai Ing-wen. Mais Beijing est loin d’être rassurée; elle estime que M. Lai est un séparatiste et l’a qualifié de « fauteur de troubles jusqu’au bout des ongles ». Ces derniers mois, la Chine a multiplié les exercices militaires dans le détroit de Taïwan pour lutter contre « l’arrogance » de ce qu’elle appelle les forces séparatistes.

En août 2022, le Canada et les autres membres du G7 ont réaffirmé leur « engagement commun à maintenir l’ordre international fondé sur des règles, la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan ». Dans sa stratégie pour l’Indo-Pacifique, publiée trois mois plus tard, Ottawa s’est engagé à « travailler avec ses partenaires pour repousser toute action unilatérale menaçant le statu quo dans le détroit de Taïwan ». La traversée du détroit de Taïwan par la marine royale canadienne, en septembre, a été l’une des preuves de cet engagement. C’est pourquoi le vote du mois prochain – et la réaction de la Chine à ce vote – présente un intérêt certain pour le Canada.