Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, effectue une visite de quatre jours en Chine, qui s’achèvera samedi, dans le prolongement du voyage historique effectué en janvier dans ce pays par le premier ministre canadien Mark Carney. Ottawa a indiqué que M. Champagne rencontrerait des responsables gouvernementaux et des chefs d’entreprise afin d’« établir des partenariats stratégiques et d’attirer de nouveaux investissements dans le cadre des efforts de diversification commerciale plus larges du Canada ».
Le ministre Champagne s’efforce de donner suite à l’engagement de janvier visant à « redynamiser » le Dialogue stratégique économique et financier de haut niveau entre le Canada et la Chine, ainsi que de créer un « groupe de travail financier et d’attirer des investissements directs étrangers chinois ».
Le rapport Investment Monitor de la FAP Canada indique que les investissements directs étrangers canadiens en Chine ont atteint 177 millions de dollars en 2024. Comme notre équipe l’a souligné, « la Chine et Hong Kong représentaient en moyenne 23 % des investissements directs étrangers du Canada dans la région indo-pacifique » en 2010, comparativement à 12 % en 2024. En revanche, les investissements directs étrangers chinois au Canada ont bondi, passant de 301 millions de dollars canadiens en 2023 à 3,7 milliards de dollars canadiens en 2024.
Les relations entre le Canada et la Chine font à nouveau l’objet d’une attention particulière. La semaine dernière, lors d’une réunion d’une commission parlementaire, le député libéral Michael Ma a demandé à une témoin experte si elle avait personnellement été témoin de travail forcé en Chine, ou si son point de vue reposait sur des « ouï-dire ». M. Ma s’est ensuite excusé, affirmant qu’il « avait posé des questions qui, par inadvertance, avaient pu donner l’impression qu’il minimisait la gravité du problème du travail forcé ». Le porte-parole conservateur en matière d’affaires étrangères, Michael Chong, a déclaré que les questions posées par le député Ma en commission étaient extrêmement préjudiciables à la réputation du Canada.
En prévision du voyage de Mark Carney en Chine en janvier dernier, le gouvernement du Canada avait mis à jour sa page Web consacrée aux relations entre le Canada et la Chine, en supprimant les références aux « violations des droits de l’homme [commises par la Chine], telles que le travail forcé ».
Lundi dernier, en réponse à la question d’un journaliste, M. Champagne a déclaré que « l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement est un sujet qui revient sans cesse dans les discussions. »
Bill Morneau a été le dernier ministre canadien des Finances à se rendre en Chine, en 2018.