En fin de semaine dernière, le premier ministre indien Narendra Modi a entrepris une tournée de six jours, visitant les Pays-Bas, la Suède, la Norvège et l’Italie et se penchant sur le commerce, les semi-conducteurs, l’immigration et la fabrication de pointe. Il s’agit du troisième voyage à l’étranger de M. Modi en 2026, après des visites en Israël et en Malaisie, intervenant quelques mois à peine après la signature de l’accord de libre-échange (ALE) UE-Inde en janvier.
L’Inde et l’Europe tentent de concrétiser la fameuse « diversification », réduisant ainsi leur dépendance à l’égard de la Chine et des États-Unis.
L’Inde s’appuie depuis longtemps sur les États-Unis en matière de technologie, d’innovation et d’investissement, mais l’Europe offre une occasion de diversifier ces intrants. Les pays européens, quant à eux, recherchent des partenariats économiques et technologiques plus résilients, et les deux parties cherchent à transformer l’ALE Inde-UE, qui doit entrer en vigueur d’ici la fin de 2026, en un mécanisme de coopération concrète en matière de politique industrielle, d’énergie propre et de minéraux critiques.
Les Pays-Bas, la Suède et l’Italie sont tous membres de l’UE. La Norvège est membre de l’Association européenne de libre-échange, avec l’Islande, le Liechtenstein et la Suisse, qui a mis en œuvre un accord de libre-échange avec l’Inde en octobre 2025.
M. Modi couvre du terrain
M. Modi a commencé son voyage aux Émirats arabes unis avant de se rendre aux Pays-Bas. Avec son homologue néerlandais, ils ont élevé les liens bilatéraux au rang de partenariat stratégique et signé des protocoles d’entente sur la mobilité, la gestion de l’eau et, surtout, un accord entre ASML, une multinationale néerlandaise, et Tata Electronics, entreprise indienne, pour soutenir la première usine indienne de fabrication de semi-conducteurs au Gujarat, un développement important pour les visées de l’Inde dans le domaine des puces. L’intégration d’ASML dans l’écosystème indien des semi-conducteurs témoigne de la détermination de New Delhi à pénétrer l’un des secteurs les plus stratégiques et les plus concentrés du monde.
En Suède, la visite de M. Modi était centrée sur la défense, les technologies émergentes et la transition verte. L’Inde et la Suède ont également renforcé leurs liens avec un « partenariat stratégique » et se sont engagées à doubler le commerce et l’investissement en cinq ans (semblable à un engagement récent du Canada et de l’Inde).
La visite de M. Modi en Norvège était la première d’un premier ministre indien depuis 1983. Lors du sommet Inde-Pays nordiques tenu à Oslo, il a rencontré les dirigeants de la Norvège, de la Suède, du Danemark, de la Finlande et de l’Islande.
M. Modi a conclu son voyage mercredi, signant plusieurs accords avec Giorgia Meloni, première ministre de l’Italie, qui couvraient le transport maritime, la mobilité des talents et plus encore. M. Modi et Mme Meloni ont rehaussé leurs liens à un « partenariat stratégique spécial », une strate diplomatique rare.
Les efforts du Canada avec l’Inde et l’UE
Le Canada courtise à la fois l’Inde et l’Europe, la deuxième série de négociations en vue d’un accord commercial entre le Canada et l’Inde s’étant terminée plus tôt ce mois-ci. Piyush Goyal, ministre indien du Commerce et de l’Industrie, se rendra au Canada du 25 au 27 mai, en partie pour accélérer les négociations commerciales. Ottawa surveille probablement la façon dont l’Europe lie le commerce, les technologies, la sécurité et l’investissement afin d’approfondir ses relations avec l’Inde.
Parallèlement, le premier ministre canadien Mark Carney a qualifié le Canada de « plus européen des pays non européens » et a récemment déclaré que « l’ordre international sera reconstruit [...] à partir de l’Europe ».