Le partenariat stratégique entre le Canada et la Chine à l’honneur au Salon de Hainan

Ottawa progresse vers son objectif de doubler ses exportations ailleurs qu’aux États-Unis au cours de la prochaine décennie, notamment grâce à l’essor des échanges commerciaux entre le Canada et la Chine, à une coopération concrète sur le terrain et à l’amélioration des relations entre les provinces canadiennes et Beijing.

Cette semaine, le Canada est le « pays invité d’honneur » de la sixième édition du salon international des produits de consommation de Chine (CICPE), qui se tient à Haikou, dans la province de Hainan, du 13 au 18 avril. On estime à 3 400 le nombre de marques provenant de plus de 60 pays et provinces chinoises qui devraient participer au CICPE, dont 40 marques canadiennes issues des secteurs des biens de consommation, de l’agroalimentaire, du style de vie, des cosmétiques et des aliments pour animaux de compagnie. Cette année, le Canada envoie sa plus grande délégation jamais constituée à cet événement.

Le ministre canadien du Commerce international, Maninder Sidhu, était à Haikou lundi et mardi pour le CICPE, avant de se rendre à Guangzhou mercredi pour rencontrer des chefs d’entreprise et des investisseurs dans les secteurs prioritaires, selon Ottawa.

Les exportations canadiennes de marchandises vers la Chine ont atteint 3,56 milliards $ CA en février 2026, soit le deuxième montant mensuel le plus élevé jamais enregistré (juste derrière novembre 2025, où les exportations avaient atteint 3,62 milliards $ CA).

Expérimentations sur l’île

Le CICPE a lieu à peine quatre mois après que Beijing ait décidé de « tenter l’expérience » et de transformer la province insulaire de Hainan, où se tient le salon, en zone de libre-échange. La Chine souhaite voir Hainan devenir une plaque tournante mondiale du libre-échange et de la consommation, comme Hong Kong, et a même assoupli les règles relatives aux investissements étrangers et à l’accès à Internet dans cette optique.

Grâce à son nouveau partenariat stratégique avec la Chine, le Canada est aux premières loges pour assister à l’expérience de libre-échange la plus ambitieuse menée par ce pays depuis la création par Beijing de ses premières zones économiques spéciales dans les années 1980, selon le Financial Times.

D’autres pays se disputent l’accès au marché chinois. La Bulgarie, membre de l’OTAN, installe pour la première fois un pavillon au CICPE, tandis que la Suisse, la Tchéquie et l’Irlande envoient des délégations officielles. Pendant ce temps, sur le continent, le président chinois Xi Jinping a reçu le dirigeant vietnamien To Lam, puis, séparément, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui effectuait sa quatrième visite en autant d’années – une nouvelle illustration de l’influence mondiale de la Chine. 

Le rôle des provinces dans les relations entre le Canada et la Chine

Le ministre de l’Agriculture de l’Alberta, RJ Sigurdson, se rend également en Chine à l’occasion du CICPE. Il s’agit de la première visite officielle d’un élu de l’Alberta en Chine depuis 2018. La Chine est le troisième marché d’exportation de l’Alberta pour le secteur agroalimentaire; en 2025, les exportations de l’Alberta vers la Chine se sont élevées à 9,6 milliards $ CA.

Le voyage de M. Sigurdson et le lancement, la semaine dernière, du comité consultatif Alberta-Chine ne sont que les plus récents exemples de la manière dont les provinces, encouragées par Ottawa, renouent avec la Chine.

D’autres provinces se lancent dans l’aventure. Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s’est rendu en Chine en janvier et le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, devrait diriger une délégation commerciale dans ce pays au courant de l’année. L’automne dernier, le ministre des Pêches de la Nouvelle-Écosse, Kent Smith, invoquant le soutien du gouvernement fédéral, s’est rendu en Chine pour une mission commerciale de dix jours