Quelques jours à peine après un voyage à Beijing et à Shanghai, le président sud-coréen Lee Jae Myung était au Japon mardi et mercredi pour discuter de commerce et d’investissements, de sécurité régionale et de liens culturels avec la première ministre japonaise, Takaichi Sanae.
La visite de Lee, la deuxième au Japon en six mois, consolide les liens entre les deux rivaux historiques au moment où ils affrontent des défis communs, notamment des populations vieillissantes, les risques posés par les droits de douane américains et la Corée du Nord.
À Nara, la ville natale de Takaichi, les deux dirigeants ont affirmé « qu’ils doivent travailler ensemble pour contribuer à la stabilité de la région » et ont convenu d’approfondir les travaux sur la sécurité économique, les chaînes d’approvisionnement et la « totale dénucléarisation de la Corée du Nord ».
Tokyo et Beijing s’opposent depuis des mois dans un différend survenu en novembre lorsque Takaichi a affirmé qu’un « scénario de crise à Taïwan » (autrement dit une invasion de Taïwan par la Chine) pourrait constituer « une situation mettant en péril la survie pour le Japon ». Takaichi devrait déclencher des élections anticipées la semaine prochaine afin de renforcer sa mince majorité à la Chambre basse et de tirer profit de sa popularité en hausse, qui est en partie attribuable à l’impasse diplomatique entre le Japon et la Chine.
Durant sa rencontre avec Takaichi, Lee a « souligné qu’il était important que [la Corée du Sud, le Japon et la Chine]... communiquent et coopèrent ».
La Chine a annoncé un autre barrage de mesures visant le Japon la semaine dernière, notamment l’interdiction des exportations de matériaux à double usage, dont des métaux du groupe des terres rares.
En 2010, le Japon a importé 90 % de ses terres rares de Chine, une statistique qui est passée à 60 % en 2025. Tokyo semble chercher à se protéger encore davantage de la coercition économique de Beijing : lundi, le Japon a amorcé le premier essai mondial d’extraction de métaux du groupe des terres rares dans des boues des grands fonds avec un navire minier japonais mettant le cap sur la lointaine île Minamitori, selon Mining.com.
Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, était pour sa part à Washington, D.C. durant la fin de semaine pour discuter des minéraux critiques avec ses homologues du G7, y compris le Japon.