Réactions de la Chine et des alliés des États-Unis à l’enlèvement du président Maduro

L’enlèvement spectaculaire du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis le 3 janvier a suscité des réactions officielles en Asie allant d’une apparente indifférence à une forte indignation.

Les déclarations prudentes des alliés des États-Unis ont contrasté avec le choc provoqué par cette opération. La communication du Japon portait principalement sur des questions consulaires pour les ressortissants japonais, tout en affichant son « respect des principes du droit international ». La Corée du Sud a exhorté « toutes les parties prenantes de faire tous les efforts possibles pour apaiser les tensions dans la région ». Le premier ministre australien Anthony Albanese est allé dans le même sens.

La réaction prudente du Canada a été influencée par les enjeux de commerce et de sécurité; les alliés de Washington craignent probablement des tarifs douaniers de représailles, voire pire.

Dans la Stratégie sur la sécurité nationale, publiée en decembre 2025, les États-Unis se sont engagés à « restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental », et ont suggéré un « réajustement » de la présence militaire américaine pour mettre en œuvre ce changement.

Le choc, puis l’effroi

Beijing a partagé un sentiment de « grand choc et de condamnation ferme » vis-à-vis de « l’usage flagrant de la force contre un État souverain » par les États-Unis. Selon Sinocism, un bulletin d’information axé sur la Chine, la Chine est le plus grand créancier du Venezuela, avec des prêts en cours totalisant entre 10 et 20 milliards de dollars américains.

En 2023, le Venezuela est devenu le seul « partenaire stratégique indéfectible » de la Chine en Amérique latine. Environ 4 % des importations chinoises de pétrole proviennent du Venezuela.

Un diplomate chinois a rencontré M. Maduro à Caracas quelques heures seulement avant son enlèvement par l’armée américaine, et les systèmes de défense chinois du Venezuela n’ont pas réussi à arrêter la vague matinale d’avions à réaction, d’hélicoptères et de soldats américains. Le journal d’État chinois Global Times a même reconnu « les nouveaux ajustements tactiques des États-Unis [...] et le déploiement d’armes plus avancées ».

Bien qu’il soit une source d’ennuis pour la Chine à court terme, l’enlèvement du président Maduro par les États-Unis pourrait donner un coup de pouce à sa propagande à long terme. Depuis le retour du président américain Donald Trump à la Maison-Blanche, Beijing se pose en puissance mondiale responsable et défenseure des pays du Sud – malgré les preuves du contraire.

Le flagrant mépris américain pour le droit international au Venezuela pourrait persuader davantage de pays que la Chine est un partenaire plus fiable que les États-Unis.

Donald Trump devrait se rendre en Chine en avril.