Une mission commerciale historique, un appel téléphonique entre dirigeants et des rencontres entre les ministres des Affaires étrangères et du Commerce ont constitué l’éventail remarquable des activités diplomatiques entre le Canada et l’Inde au cours de la semaine dernière.
Le ministre canadien du Commerce international, l’honorable Maninder Sidhu, a pris la tête d’une mission commerciale en Inde qui a débuté lundi. Cette mission, à laquelle ont participé 300 délégués, prendra fin demain. M. Sidhu s’est également entretenu avec le ministre indien du Commerce et de l’Industrie, Piyush Goyal; il s’agissait de leur neuvième rencontre depuis mai 2025.
Le commerce bilatéral de marchandises bat déjà son plein, et de nouvelles données soulignent l’incidence de la « remise à zéro » des relations bilatérales sur les liens économiques : les exportations de marchandises du Canada vers l’Inde, de janvier à août 2026, se sont élevées à 3,03 milliards de dollars canadiens, ce qui représente une hausse de 36,7 % par rapport à la même période l’an dernier.
Cette hausse est la sixième plus importante parmi les 27 « principaux partenaires commerciaux » du Canada, selon la définition de Statistique Canada. (La Suisse occupe la première place avec une hausse de 91,3 %; les exportations canadiennes vers les États-Unis n’ont pour leur part augmenté que de 2 %.)
Par secteur, les exportations canadiennes de métaux et de minéraux vers l’Inde arrivent en tête (représentant 41 % de l’ensemble des exportations), suivies par le secteur agroalimentaire (16,9 %).
Les importations de marchandises du Canada en provenance de l’Inde pour la même période ont totalisé 7,05 milliards de dollars canadiens, soit une hausse de 10,2 % par rapport à l’année précédente. Les importations de biens de consommation (49,6 %) ont été les plus importantes.
Matière à réflexion
La ministre canadienne des Affaires étrangères, l’honorable Anita Anand, était également en Inde cette semaine. Elle s’est entretenue avec S. Jaishankar, son homologue indien, lors d’une rencontre qui a porté sur le commerce, l’énergie et la défense. Toutefois, aucun nouvel engagement n’en a résulté.
Mercredi, lors d’un événement organisé par Bloomberg à New Delhi, la ministre, aux côtés de M. Jaishankar, a plaidé en faveur d’un « effet de levier coordonné », une nouvelle expression qui signifie que les partenaires s’associent pour mettre en commun leurs avantages comparatifs afin de réduire les risques d’être pris pour cible ou isolés. Cela pourrait prendre la forme d’une initiative aussi précise que l’Alliance sur la production de minéraux critiques et la résilience du G7, a noté la ministre, ou vraisemblablement, d’un projet aussi ambitieux que les efforts du Canada visant à établir un pont entre le PTPGP et l’Union européenne.
Mme Anand a ajouté que la souplesse d’Ottawa n’est pas près de disparaître (même après l’élection présidentielle américaine de 2028) et qu’elle se traduit par une coopération, à des degrés divers, tant avec les puissances moyennes qu’avec les grandes puissances. Son homologue indien a semblé abonder en ce sens, affirmant que « nous nous dirigeons vers un monde où la concurrence portera, dans une certaine mesure, sur ce que chacun a à offrir ».
La vision d’Ottawa s’apparente à une diplomatie « à la carte » : choisir certains partenaires pour certains enjeux, plutôt que d’opter pour une formule « prix fixe » rigide imposée de l’extérieur.
Un miracle de Noël?
Le premier ministre canadien Mark Carney et le premier ministre indien Narendra Modi se sont également entretenus mardi, saluant les progrès réalisés en matière de défense et de sécurité, de liens entre les peuples, de finances et de collaboration dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Il convient de noter que le communiqué canadien indiquait que M. Carney et M. Modi s’étaient engagés à conclure les négociations sur l’APEG « dès que possible », ce qui marque un changement par rapport aux communiqués précédents, qui visaient explicitement la fin de 2026, laquelle coïncide avec la visite prévue de M. Modi au Canada en décembre. (Les communiqués relatifs aux dernières rencontres bilatérales de Mme Anand et de M. Sidhu ne mentionnaient pas de date limite.) Ce changement de formulation pourrait simplement refléter une volonté de « promettre moins pour offrir plus », ou bien indiquer l’existence de divergences non résolues.
La question de la sécurité a également été abordée lors des pourparlers bilatéraux. Du 5 au 7 octobre, le conseiller à la sécurité nationale de l’Inde, Ajit Doval, a rencontré en Inde David Morrison, conseiller principal en affaires diplomatiques et internationales auprès de M. Carney (il s’agissait du troisième dialogue de ce type en un peu plus d’un an), afin de discuter du crime organisé transnational, du terrorisme, de l’extrémisme violent, des extraditions et d’autres sujets.
— Ted Fraser, FAP Canada