Par Ted Fraser, Rédacteur en chef
Le premier ministre britannique Keir Starmer se rend à Beijing cette semaine pour une tentative prudente de stabiliser les relations entre le Royaume-Uni et la Chine après des années de tensions.
Le voyage de M. Starmer en Chine, le premier d’un dirigeant britannique depuis 2018, coïncide avec le lancement d’un dialogue commercial entre le Royaume-Uni et la Chine, auquel devraient participer de hauts dirigeants britanniques et Rachel Reeves, chancelière de l’Échiquier.
Le voyage de M. Starmer fait suite à la récente approbation controversée par le Royaume-Uni d’une nouvelle « méga-ambassade » chinoise de 20 000 mètres carrés (soit environ quatre fois la taille de la Maison-Blanche) à Londres. Keir Starmer, qui fait face à une grande impopularité auprès des Britanniques, à une économie morose et à la dégradation des liens transatlantiques, cherche à relancer le commerce avec la Chine, le quatrième partenaire commercial du Royaume-Uni. Le commerce bilatéral a augmenté de 15 % de 2019 à 2024.
Un porte-parole du gouvernement du Royaume-Uni a notamment déclaré à Politico cette semaine, à propos de la Chine, que le Royaume-Uni « coopérera là où [il le peut] et contestera là où [il le doit] », un écho quasi identique aux récents commentaires de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand.
Le président chinois Xi Jinping pourrait avoir d’autres questions à l’esprit lors de sa rencontre avec M. Starmer : il est apparu cette semaine que le plus haut général chinois, Zhang Youxia, aurait divulgué des informations sur le programme d’armes nucléaires chinois aux États-Unis et « accepté des pots-de-vin en contrepartie d’actions officielles, dont la promotion d’un officier au poste de ministre de la Défense », selon le Wall Street Journal. Le Parti communiste chinois a également évincé un haut responsable de l’Armée populaire de libération (APL).
Elizabeth Donkervoort, conseillère principale, programme Chine de la FAP Canada, a déclaré à Observatoire Asie que « les récentes purges de l’APL mettent en lumière deux réalités du système chinois : la loyauté envers Xi Jinping prime et l’incertitude est une caractéristique du modèle de gouvernance chinois. Dans ces conditions, les fonctionnaires et les entreprises ont tendance à agir de manière prudente, à éviter d’attirer l’attention et à rester étroitement alignés sur les priorités de M. Xi. Il s’agit d’une dynamique importante à prendre en considération alors qu’Ottawa cherche à approfondir les liens économiques dans le cadre du nouveau partenariat stratégique Canada-Chine. »