Sommaire
Cette étude examine comment l’intégration des valeurs canadiennes et des intérêts nationaux peut renforcer la résilience des politiques publiques. Il s’agit de protéger les initiatives visant la prospérité économique, la cohésion sociale et l’intégrité politique contre les pressions extérieures, notamment l’ingérence étrangère, les politiques commerciales asymétriques, voire prédatrices, et les violations des droits de la personne.
Une telle intégration permettra au gouvernement canadien de s’adresser à deux publics dans la conduite de ses relations étrangères : d’une part, les dirigeants politiques et les acteurs influents des pays avec lesquels il traite et, d’autre part, la population canadienne.
À partir de ce cadre conceptuel, l’étude examine les défis que posent les États-Unis, la Chine et l’Inde en matière d’ingérence étrangère, de commerce et de droits de la personne, puis propose des pistes de réponse pour le Canada.
Introduction
Dans son allocution aux rencontres de Davos de 2026, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a appelé à une politique étrangère « fondée sur des principes et pragmatique ». Cette orientation s’inscrit dans le prolongement de la « diplomatie pragmatique » préconisée par l’ancienne ministre des Affaires étrangères, aujourd’hui ministre de l’Industrie, Mélanie Joly.
Le pragmatisme fondé sur des principes ne constitue pas en soi une politique, mais plutôt une approche générale relevant d’un « réalisme fondé sur des valeurs ». Cette approche permet au Canada de réduire sa dépendance excessive envers des États-Unis de moins en moins fiables, en renforçant ses relations avec d’autres États dont les orientations et les politiques ne concordent pas nécessairement entièrement avec les siennes.
Si les politiques de l’administration américaine actuelle, dirigée par le président Donald Trump, sont particulièrement problématiques, il semble peu probable que les administrations qui lui succéderont puissent rétablir pleinement les partenariats commerciaux et de sécurité entre le Canada et les États-Unis.
Le Canada doit donc relever des défis majeurs pour renforcer ses relations avec des pays comme la Chine et l’Inde, avec lesquels il a connu de profonds désaccords ces dernières années. Il doit également composer avec d’autres pays qui ne partagent pas ses engagements envers la démocratie et la primauté du droit, l’économie de marché et les droits de la personne. Ces démarches exigeront une application soigneusement calibrée du « pragmatisme fondé sur des principes ».
Cette étude examine comment cette approche peut orienter les relations du Canada avec les États-Unis, la Chine et l’Inde en conciliant les valeurs canadiennes et les intérêts nationaux. Elle approfondit mes travaux antérieurs sur l’intégration des valeurs et des intérêts dans les domaines du commerce et des droits de la personne, sous le thème de la « complémentarité ».
Je présente d’abord un aperçu des valeurs canadiennes et des intérêts nationaux, puis j’examine les possibilités de les intégrer et les effets que cette intégration pourrait avoir sur la résilience des politiques publiques. J’aborde ensuite les particularités des relations du Canada avec les États-Unis, la Chine et l’Inde.