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Points de vue Asiatiques sur l’engagement économique avec le Canada

Perspectives des chefs d’entreprise et des experts politiques en Asie : Une analyse transnationale

Pour évaluer les points de vue sur l’approfondissement de l’engagement économique avec le Canada, la Fondation Asie Pacifique du Canada a lancé un projet de recherche multinational comprenant des sondages auprès de chefs d’entreprise et des entrevues avec des experts politiques en Asie.

Ce projet a été mené dans six grandes économies asiatiques — celles de la Chine, de l’Inde, du Japon, de Singapour, de la Corée du Sud et du Vietnam — et a porté sur neuf secteurs industriels qui présentent un intérêt bilatéral et qui ont le plus grand potentiel de croissance économique pour le Canada. Ce projet est soutenu par Exportation et Développement Canada, Affaires mondiales Canada et Investir au Canada.

 Nous avons mené des sondages auprès de 1 124 chefs d’entreprise en Chine, 1 110 en Inde, 1 082 au Japon, 1 084 à Singapour, 1 088 en Corée du Sud et 1 112 au Vietnam, pour un total de 6 600 sondages. En outre, nous avons mené des entrevues avec huit experts politiques de la Chine, et dix dans chacun des pays suivants : l’Inde, le Japon, Singapour, la Corée du Sud et le Vietnam, ce qui porte le total des entrevues à 58.  

15 points à retenir :

 1. LES MILIEUX D’AFFAIRES DES SIX PAYS ONT ÉTABLI UN NIVEAU D’ENGAGEMENT MODÉRÉ AU CANADA, LE NIVEAU D’ENGAGEMENT DU VIETNAM ÉTANT LE PLUS FAIBLE DES SIX PAYS.

Vingt-deux pour cent des chefs d’entreprise chinois ayant pris part au sondage mènent des activités commerciales au Canada, comparativement à 15 % des entreprises indiennes, 12 % des entreprises singapouriennes, 11 % des entreprises japonaises et sud-coréennes et 8 % des entreprises vietnamiennes. De plus, pour ce qui est de la proportion de l’engagement commercial international, le Canada est la région la moins importante pour les entreprises singapouriennes. Ce n’est pas le cas des cinq autres pays étudiés.

 2. POUR LA PLUPART DES ENTREPRISES ASIATIQUES SUR LE MARCHÉ CANADIEN, L’ENGAGEMENT EST LIÉ À L’EXPORTATION.

Pour les six pays, les exportations vers le Canada sont le type d’entreprise le plus courant au Canada (44 %), ce qui est suivi des relations contractuelles (20 %), des importations du Canada (10 %) et des coentreprises avec des entreprises sociétés (10 %).

 3. EN MOYENNE, LES ENTREPRISES ASIATIQUES TROUVENT QUE LE DÉFI DE FAIRE DES AFFAIRES AU CANADA EST COMPARABLE À CELUI DES AUTRES MARCHÉS INTERNATIONAUX.

 Les chefs d’entreprise indiens et japonais qui font des affaires au Canada trouvent qu’il est plus facile de faire des affaires au Canada que dans d’autres marchés internationaux. Pour leur part, les dirigeants vietnamiens et chinois trouvent cela légèrement plus difficile. Enfin, les dirigeants sud-coréens se distinguent parmi les répondants, puisque seulement 5 % d’entre eux pensent qu’il est plus facile de faire des affaires au Canada, contre 28 % qui pensent que c’est plus difficile. Les 67 % autres répondants pensent que c’est « à peu près pareil » ou ont répondu « je ne sais pas ».

 4. LES CHEFS D’ENTREPRISE MANIFESTENT UN VIF DÉSIR DE MAINTENIR ET D’ÉTABLIR DAVANTAGE DE RELATIONS D’AFFAIRES AU CANADA, LES ENTREPRISES INDIENNES ÉTANT LES PLUS ENTHOUSIASTES.  

À l’exception du Japon, les entreprises de tous les autres pays asiatiques qui sont déjà présentes sur le marché canadien cherchent à étendre leur engagement au Canada. Les entreprises japonaises sont partagées entre le désir de prendre de l’expansion (43 %) et celui de maintenir leur engagement commercial (47 %). Parmi les entreprises qui ne font pas des affaires au Canada, 76 % des entreprises indiennes déclarent qu’elles envisagent ou prévoient d’entrer sur le marché canadien. Cela est également valable pour 68 % des entreprises de Corée du Sud, 56 % du Vietnam, 48 % du Japon, 43 % de la Chine et 38 % de Singapour.

 5. À L’EXCEPTION DE CEUX DU JAPON, LES CHEFS D’ENTREPRISE ASIATIQUES ONT UNE OPINION POSITIVE DU MARCHÉ CANADIEN, DES PRODUITS ET DE LA QUALITÉ DES PARTENAIRES COMMERCIAUX AU CANADA.

Cinquante et un pour cent des chefs d’entreprise de la Chine, de l’Inde, de la Corée du Sud, de Singapour et du Vietnam estiment que le Canada est à la pointe de la technologie, comparativement à seulement 12 % des répondants japonais. De même, en moyenne, 51 % et 58 % des chefs d’entreprise asiatiques estiment que le Canada est un important fournisseur d’énergie et de produits respectueux de l’environnement, respectivement, alors que seulement 28 % et 33 % des chefs d’entreprise japonais sont du même avis. En ce qui concerne la qualité des produits, seuls 19 % des Japonais pensent que les produits canadiens ont un rapport qualité-prix supérieur, alors que 57 % des autres pays pensent de même. Enfin, seulement 16 % des chefs d’entreprise japonais pensent que les Canadiens sont des partenaires commerciaux fiables, ce qui présente un contraste avec l’opinion de 56 % des chefs d’entreprise des autres pays.

 6. LES CHEFS D’ENTREPRISE PARTAGENT UNE OPINION FAVORABLE SUR L’ENVIRONNEMENT COMMERCIAL CANADIEN.

 Les entreprises estiment que les 19 facteurs proposés qui sont liés à l’économie canadienne sont tous plus positifs que négatifs pour les affaires. Les chefs d’entreprise sont particulièrement optimistes quant aux facteurs liés au réseautage et à la connaissance du marché, notamment leur propre connaissance de la culture des affaires au Canada (58 %) et le niveau de connaissances des Canadiens sur la culture des affaires dans les pays asiatiques respectifs (55 %). Parmi les réglementations, la mobilité des voyageurs d’affaires est considérée comme le facteur le plus positif (52 %) et, parmi les facteurs liés au marché canadien, le transfert de connaissances techniques ou technologiques vers le pays des répondants (53 %) est perçu comme le facteur le plus positif.  

7. SEPT CHEFS D’ENTREPRISE SUR DIX QUI ONT RÉPONDU AU SONDAGE NE COMPRENNENT PAS LA STRUCTURE D’EXPLOITATION DES ENTREPRISES CANADIENNES. LES CHEFS D’ENTREPRISE QUI NE S’INTÉRESSENT PAS AU CANADA MENTIONNENT LE MANQUE DE FAMILIARITÉ ET DE RÉSEAUX COMME PRINCIPALES RAISONS DE LEUR MANQUE D’INTÉRÊT.

Les experts en politique ajoutent à cela l’absence du rôle du Canada dans la chaîne de valeur ou de complémentarité commerciale avec les pays asiatiques, l’incertitude qui suit l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et les éléments complexes liés aux systèmes d’exploitation des entreprises du Canada comme étant des obstacles à l’engagement des entreprises au Canada. L’éloignement géographique des marchés asiatiques ajoute encore à la complexité de la conduite des affaires.

 8. LES POLITIQUES ET RÉGLEMENTATIONS COMMERCIALES INTÉRIEURES DES PAYS ASIATIQUES EN MATIÈRE D’INVESTISSEMENT À L’ÉTRANGER SONT PERÇUES POSITIVEMENT PAR LA PLUPART DES CHEFS D’ENTREPRISE ASIATIQUES.

 Les répondants de tous les pays asiatiques, à l’exception du Japon, pensent que les politiques et réglementations commerciales de leur pays respectif sur les investissements à l’étranger sont des facteurs plus positifs que négatifs pour faire des affaires au Canada. En même temps, la plupart des entreprises japonaises estiment que leurs politiques de commerce et d’investissement intérieurs ne sont pas des facteurs pertinents pour les entreprises japonaises qui souhaitent faire des affaires au Canada.

 9. LES CHEFS D’ENTREPRISE DE L’INDE ET DU VIETNAM ESTIMENT QUE LES RELATIONS ÉCONOMIQUES DU CANADA AVEC LEUR PROPRE PAYS SONT PERTINENTES POUR LEUR SECTEUR.

 Les répondants ont indiqué l’importance, pour leur secteur, des relations économiques de leur pays avec huit marchés internationaux – le Canada, les États-Unis, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Union européenne et l’Asie du Sud-Est. Parmi ces huit marchés, le Canada est considéré comme une économie importante par 84 % des chefs d’entreprise indiens et 72 % des chefs d’entreprise vietnamiens. Fait intéressant, le Canada est considéré comme un marché important par seulement 26 % des chefs d’entreprise japonais.  

10. L’IMPORTANCE DU CANADA POUR LES PAYS ASIATIQUES VARIE SELON LES SECTEURS : LES BIENS ET SERVICES ENVIRONNEMENTAUX, AINSI QUE L’INFORMATION ET LA COMMUNICATION, SONT LES SECTEURS LES PLUS IMPORTANTS POUR LES PAYS ÉTUDIÉS DANS LE SONDAGE.

Pour les entreprises singapouriennes, les biens et services environnementaux sont le secteur le plus important au Canada, alors qu’il occupe le deuxième rang en importance pour les entreprises japonaises. Pour le Vietnam et la Corée du Sud, le secteur de l’information et de la communication est le secteur le plus important pour l’engagement avec le Canada. À Singapour, c’est le deuxième secteur le plus important pour l’engagement avec le Canada. L’énergie non renouvelable et l’agriculture font également partie des secteurs les plus importants pour l’engagement avec le Canada, et sont en tête de liste pour l’Inde et le Japon, respectivement.

 11. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (IA), LA TECHNOLOGIE, L’ÉDUCATION, LE TOURISME, L’INDUSTRIE DES SERVICES, L’AGRICULTURE ET LES RESSOURCES NATURELLES SONT CONSIDÉRÉS COMME LES PRINCIPAUX ATOUTS DU CANADA EN MATIÈRE D’ENGAGEMENT DANS LE COMMERCE ET L’INVESTISSEMENT.

 La plupart des experts en politique estiment que le Canada doit mieux promouvoir ces secteurs dans les marchés asiatiques. Les experts indiens et vietnamiens attirent également l’attention sur le fait que les deux pays, qui sont des économies à croissance rapide, s’intéressent aux investissements étrangers en provenance du Canada dans divers secteurs, notamment la fabrication, le transport et l’IA.

 12. LES PROPOSITIONS VISANT À ÉLARGIR L’ENGAGEMENT AVEC LE CANADA BÉNÉFICIENT GÉNÉRALEMENT D’UN SOLIDE SOUTIEN DE LA PART DES ENTREPRISES ASIATIQUES.

Malgré certaines craintes que les relations commerciales avec le Canada ne profitent davantage à ce dernier et n’exercent des pressions sur les entreprises et les travailleurs asiatiques, la mise en place de mesures favorisant l’engagement économique avec le Canada bénéficie d’un solide soutien dans tous les pays, sauf au Japon, où ces mesures se heurtent plutôt à une forte opposition. Le faible soutien des entreprises japonaises ne peut s’expliquer par les préoccupations mentionnées ci-dessus, mais peut être attribuable au manque d’avantages perçus relativement à l’engagement économique avec le Canada.  

13. LA PLUPART DES PAYS SONT FAVORABLES À LA NÉGOCIATION D’UN ACCORD SUR LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS (APIE) AVEC LE CANADA; CEPENDANT, BIEN QUE CET ACCORD SOIT DÉJÀ MIS EN ŒUVRE AVEC LA CHINE, LA PLUPART DES ENTREPRISES CHINOISES N’EN ONT PAS CONNAISSANCE.

 Près de 90 % des chefs d’entreprise chinois ne sont pas au courant de l’existence de l’APIE entre la Chine et le Canada. En conséquence, moins de 4 % des entreprises ont fait usage de cet accord. Dans les autres pays asiatiques qui n’ont pas conclu un tel accord avec le Canada, environ 50 % des personnes interrogées pensent qu’un APIE serait utile à leur entreprise, à l’exception des répondants japonais (9 %) et indiens (75 %).

 14. LES ENTREPRISES DE LA CHINE, DE L’INDE, DE SINGAPOUR ET DU VIETNAM SONT TRÈS FAVORABLES À LA CONCLUSION D’UN ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE (ALE) AVEC LE CANADA.

 La conclusion d’un accord de libre-échange bilatéral avec le Canada est soutenue par 80 % et 59 % des entreprises indiennes et chinoises, respectivement. De plus, le Canada envisage de conclure un ALE avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), et les entreprises du Vietnam (72 %) et de Singapour (63 %) soutiennent cet accord. En Corée du Sud, où l’ALE Canada-Corée (ALECC) est déjà en place, 45 % des chefs d’entreprise estiment que l’accord est bénéfique pour leur entreprise, tandis que seulement 3 % pensent qu’il est préjudiciable. Dans l’ensemble, les entreprises des secteurs des technologies propres et des biens et services environnementaux sont les plus favorables à un ALE avec le Canada, suivies de près par les entreprises actives dans les secteurs de la finance et des énergies non renouvelables.

 15. L’ACCORD GLOBAL ET PROGRESSIF DE PARTENARIAT TRANSPACIFIQUE (PTPGP) BÉNÉFICIE D’UN SOLIDE, EXCEPTION FAITE DU JAPON.

 Les chefs d’entreprise du Vietnam (62 %) et de Singapour (53 %) pensent que le CPTPP sera bénéfique pour leurs entreprises. Moins de 2 % pensent que le partenariat sera préjudiciable à leur entreprise. De plus, 67 % des Vietnamiens et 55 % des Singapouriens pensent qu’il est important que le Canada fasse partie du CPTPP. Au Japon, 77 % des chefs d’entreprise pensent que le CPTPP n’aura aucune influence et 82 % estiment que la présence du Canada au sein du CPTPP n’est pas importante dans une certaine mesure.