Deux annonces relatives à l’énergie pourraient transformer les liens entre le Canada et l’Asie

L’agrandissement d’une installation de GNL et la désignation d’un projet d’oléoduc comme « projet d’intérêt national » viennent approfondir les liens énergétiques entre le Canada et l’Asie. Ce sont deux annonces marquantes concernant la volonté continue d’Ottawa de diversifier ses échanges au-delà des États-Unis.

LNG Canada, une coentreprise entre Shell Canada, PETRONAS (Malaisie), PetroChina, Mitsubishi Corporation (Japon) et KOGAS (Corée du Sud), a annoncé le 28 septembre qu’elle était parvenue à une décision finale d’investissement sur la deuxième phase de son installation d’exportation de GNL à Kitimat, en Colombie-Britannique, s’engageant à doubler la capacité d’exportation du projet pour passer de 14 millions à 28 millions de tonnes par année.

Les partenaires asiatiques détiennent collectivement 60 % de la coentreprise LNG Canada.

Le bureau du premier ministre du Canada, Mark Carney, a souligné que cette décision « ouvre la voie à un investissement privé » de 33 milliards $ CA, ce qui fera de LNG Canada la deuxième installation en importance du genre à l’échelle mondiale, et qu’elle contribuera « à resserrer les liens commerciaux du Canada dans la région indo-pacifique. »

À peine deux jours plus tard, M. Carney a annoncé qu’Ottawa inscrivait officiellement le nouveau pipeline de la côte Ouest, Pacific Link, sur la liste des projets d’intérêt national, réduisant ainsi la « dépendance » du Canada à l’égard des États-Unis en permettant au Canada d’exporter un million de barils supplémentaires par jour vers des « marchés asiatiques en pleine croissance ». L’oléoduc, dont l’achèvement est provisoirement prévu d’ici 2032-2033, transporterait du pétrole albertain vers le sud de la Colombie-Britannique.

Le terminal maritime Westridge de Burnaby, en Colombie-Britannique, destination finale du pipeline Trans Mountain, a expédié environ 15,3 millions de barils de brut en juillet, dont près des trois quarts sont destinés à l’Asie-Pacifique.

Le Canada n’est plus un « spectateur » : Barrett Bingley  

Barrett Bingley, directeur régional pour l’Asie, a déclaré à Observatoire Asie que « l’énergie a pris sa place aux côtés des produits agricoles en tant qu’élément de premier plan des relations commerciales et d’investissement entre le Canada et l’Asie », soulignant que la décision de LNG Canada en est une « expression tangible et une confirmation que l’approvisionnement énergétique stable du Canada pour l’Asie est garanti pour des générations ».

L’oléoduc Pacific Link aurait un impact semblable. « C’est un aspect des liens entre le Canada et l’Asie qui n’a tout simplement jamais existé auparavant, a-t-il ajouté. Il est difficile de surestimer à quel point cela change l’opinion des pays asiatiques quant au Canada dans leurs calculs de renforcement de la résilience et de leurs options. »

« Le Canada est un acteur en Asie maintenant, plutôt qu’un spectateur poli, a noté M. Bingley. L’élan récent dans le secteur de l’énergie devrait également attirer beaucoup plus d’investissements asiatiques au Canada. »

Le pétrole et le GNL huilent les gonds des relations entre le Canada et la Chine

La Chine a profité de la volonté d’Ottawa de « réaliser pleinement le potentiel du Canada en tant que superpuissance énergétique mondiale » en devenant de loin le plus grand acheteur d’énergie canadienne en Asie.

Les produits énergétiques ont représenté 10,33 milliards $ CA, soit 35,6 %, de toutes les exportations canadiennes de marchandises vers la Chine au cours des huit premiers mois de 2026, selon des données publiées mardi par Statistique Canada.

Graphique Energie

La valeur de ces exportations d’énergie représente une augmentation de 80 % d’une année à l’autre, bien qu’une partie de cette intensification reflète la hausse des prix du pétrole depuis la fermeture du détroit d’Ormuz à la fin février.

Après que M. Carney a rencontré le président chinois Xi Jinping en janvier 2026, les deux dirigeants ont publié les détails d’un nouveau « partenariat stratégique ». Le premier domaine de coopération concerne l’énergie. L’équipe de M. Carney a donné suite à cet engagement : le mois dernier, Corey Hogan, secrétaire parlementaire du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, a assisté à la réunion des ministres de l’Énergie de l’APEC. C’était la première fois que le Canada est représenté politiquement au forum depuis plus de 10 ans.