Les « deux sessions » de la Chine, la double réunion réunissant les principaux membres du Parti communiste chinois, ont rassemblé des milliers de délégués à Beijing pour valider le plan de l’année à venir ainsi que le 15e plan quinquennal du gouvernement, couvrant la période de 2026 à 2030.
Ces sessions d’une semaine du Congrès national du peuple composées de la « chambre d’enregistrement » législative chinoise comptant 2 900 membres et de la Conférence consultative politique du peuple chinois, un organe consultatif comptant 2 170 représentants, devraient s’achever demain.
La semaine dernière, le premier ministre chinois, Li Qiang, a remis le rapport de travail du gouvernement au Congrès national du peuple, dévoilant un objectif de croissance du PIB de 4,5 % à 5 % et un ratio de déficit par rapport au PIB d’« environ 4 % », égalant le record de l’année dernière. Beijing visera également un taux d’inflation de 2 % et un taux de chômage urbain ne dépassant pas 5,5 %.
Le PIB visé – l’objectif de croissance le plus bas depuis 1991 – prend en compte la stagnation dans les dépenses de consommation, les droits de douane et les perturbations mondiales. Pour Beijing, elle cimente également un changement d’orientation, passant de chiffres à forte croissance à une croissance « de haute qualité », ou durable.
La consommation des ménages représente 40 % du PIB chinois. En revanche, les dépenses de consommation représentent environ 55 % à 60 % du PIB du Canada, tandis qu’aux États-Unis, elles sont plus proches de 70 %.
Le premier ministre Li a déclaré que « considérant l’expansion de la demande intérieure comme [sa] priorité, [le gouvernement devrait] déployer des efforts coordonnés pour stimuler la consommation, accroître les investissements [et] exploiter tout le potentiel de croissance de la demande intérieure ». Les responsables du Parti communiste chinois ont également mis l’accent sur le soutien continu aux secteurs stratégiques tels que la fabrication de pointe, les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle.
L’heure de gloire de Wang Yi
En marge des deux sessions, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a répondu aux questions des journalistes pendant 90 minutes. Il a donné un aperçu des priorités de Beijing en matière de politique étrangère pour l’année à venir, notamment la stabilisation des relations avec les États-Unis, la présentation de la Chine comme un défenseur stable et fiable du multilatéralisme et des pays du Sud, et l’approfondissement de la coordination avec la Russie.
Les journalistes (et leurs questions) sont appelés par ordre d’importance; comme prévu, la première réponse de Wang Yi – à une question de la Télévision centrale chinoise – a fait l’éloge du président chinois Xi Jinping. Il a toutefois créé la surprise, car sa deuxième réponse a porté sur les relations entre la Chine et la Russie, qu’il a saluées comme étant « solides, contre vents et marées ».
Le ministre Wang a discuté de l’organisation du forum de l’APEC par la Chine en 2026, déclarant que Beijing mettra l’accent sur « [la concrétisation] de l’objectif de bâtir une communauté d’Asie-Pacifique ». Ses commentaires reflètent l’ambition de Beijing de façonner une architecture régionale plus intégrée – avec la Chine au centre – qui met l’accent sur l’intégration commerciale, la connectivité et le développement numérique et vert.
Wang Yi a suggéré que 2026 pourrait être une « année historique » pour les relations entre la Chine et les États-Unis, mais n’a pas explicitement mentionné une rencontre potentielle à venir entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump (qui devrait se tenir à Beijing dans trois semaines). Wang Yi s’est également montré plutôt positif à propos des relations entre la Chine et l’Inde.
Mark Carney fait une avancée à Tokyo
Alors que la dispute entre la Chine et le Japon dure depuis maintenant cinq mois, Wang Yi semble adoucir ses propos sur Tokyo en déclarant que « [l’]avenir des relations entre la Chine et le Japon dépend du choix du Japon », évitant les menaces et faisant plutôt référence à l’« agression » et au « militarisme » passés du Japon.
Ce contexte régional fragile est en toile de fond du récent voyage du premier ministre canadien Mark Carney au Japon, où Ottawa et Tokyo ont annoncé un nouveau partenariat stratégique global visant à approfondir les liens en matière de défense, de sécurité économique, de minéraux critiques et de technologies de pointe. L’annonce reflète les efforts continus du Canada pour approfondir ses liens avec les principaux partenaires indo-pacifiques tout en gérant une relation complexe avec la Chine