Les risques liés au calcul embrouillé de Beijing au Moyen-Orient

La Chine collabore avec le Pakistan pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient afin de renforcer son image de puissance mondiale « responsable et stable », mais d’autres manœuvres diplomatiques risquent de compromettre cet objectif ainsi que ses relations avec les États-Unis et les pays du Golfe.

Les contradictions ne manquent pas : la Chine est le premier partenaire commercial de l’Iran et, selon Washington, les achats chinois représentent environ 90 % des exportations de pétrole iranien. Ces achats, qui se chiffrent en milliards de dollars, contribuent à contourner les sanctions contre Téhéran et permettent au régime d’augmenter ses dépenses en matériel militaire.

Beijing s’efforce de mettre fin au conflit et de rouvrir le détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transitent de 45 à 50 % des importations chinoises de pétrole brut.

Mardi, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, s’est entretenu avec son homologue pakistanais, Ishaq Dar, réaffirmant la position de principe de la Chine et félicitant le Pakistan d’avoir facilité un cessez-le-feu temporaire. M. Wang a également mis en avant une initiative en cinq points élaborée par la Chine et le Pakistan le 31 mars en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient.

Beijing souhaite également préserver ses relations lucratives avec les États du golfe Persique en difficulté (qui représentaient au moins 257 milliards $ US en échanges commerciaux en 2024). Cette tension s’est clairement manifestée le mois dernier, lorsque la Chine et la Russie ont été les seuls pays à s’abstenir lors du vote d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies condamnant les attaques flagrantes perpétrées par l’Iran contre les États du golfe Persique.

Beijing ne souhaite pas non plus prendre le risque de retarder la rencontre prévue en mai entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. Mais CNN a rapporté samedi que la Chine s’apprêtait à envoyer des systèmes de missiles surface-air en Iran. En réponse, le président Trump a déclaré : « Si la Chine fait ça, elle va avoir de gros problèmes, d’accord? »

Selon le New York Times, Washington estime que la Chine autorise secrètement certaines entreprises à expédier vers l’Iran des produits chimiques, du carburant et des composants pouvant servir à la production militaire en vue de la guerre.