Lundi, l’Inde et la Nouvelle-Zélande ont signé un accord de libre-échange (ALE) dont la négociation n’a duré que neuf mois, une victoire pour les deux parties et un modèle potentiel pour le Canada, qui souhaite conclure son propre accord commercial avec l’Inde.
L’ALE entre l’Inde et la Nouvelle-Zélande prévoit un accès en franchise de droits pour 100 % des exportations indiennes vers la Nouvelle-Zélande. L’Inde, quant à elle, a accepté de réduire ou d’abaisser les droits de douane sur 95 % des exportations néo-zélandaises, et environ la moitié de ces droits seront éliminés immédiatement. New Delhi a protégé l’accès aux produits laitiers, au café, aux oignons, au sucre, aux épices, au caoutchouc et à d’autres secteurs « sensibles ».
Dans le cadre de cet accord, la Nouvelle-Zélande a accepté de placer 20 milliards $ US en Inde et d’accorder jusqu’à 5 000 visas d’admission temporaire à l’emploi à des professionnels indiens. Christopher Luxon, premier ministre de la Nouvelle-Zélande, a déclaré : « Notre communauté d’affaires se réjouit de voir s’ouvrir l’accès à 1,4 milliard de personnes dont l’économie est appelée à devenir la troisième en importance au monde. »
Les échanges commerciaux entre l’Inde et la Nouvelle-Zélande ne représentaient que 2,4 milliards $ US en 2024, soit à peu près autant que les échanges entre l’Inde et les États-Unis en une semaine. Mais les deux parties ont souligné le potentiel de « débloquer » et de « catalyser » de nouvelles occasions.
Cet accord de libre-échange est le neuvième accord commercial signé par l’Inde au cours des trois dernières années et demie (y compris les accords en cours avec les États-Unis et l’Union européenne), avec une couverture dépassant 65 % du PIB mondial.
Le Canada prend acte
L’ALE constitue un bon exemple pour Ottawa, qui cherche à conclure un accord de partenariat économique global (APEG) avec l’Inde d’ici à la fin de 2026, calendrier ambitieux qui, compte tenu de la volonté d’Ottawa de diversifier les échanges commerciaux, pourrait être respecté.
Comme le Canada, la Nouvelle-Zélande avait entamé des négociations infructueuses avec l’Inde en 2010, avant de les « relancer » l’année dernière. Un engagement d’investissement similaire est possible pour l’APEG Canada-Inde, bien que les dispositions relatives aux visas puissent s’avérer plus délicates sur le plan politique; un sondage réalisé en mars par Léger a conclu que « les Canadiens sont très favorables à des politiques plus strictes en matière d’immigration ». Comme l’a noté la FAP Canada dans un rapport récent, le commerce entre le Canada et l’Inde, bien qu’important (31 milliards $ CA en 2024), est « structurellement déséquilibré et sous-exploité ».
Piyush Goyal, ministre indien du Commerce, doit se rendre au Canada en mai; il sera accompagné de la plus importante délégation d’entreprises de l’Inde à ce jour