Takaichi dresse le bilan après un an au pouvoir

Au cours des 12 derniers mois, la « Dame de fer » du Japon, Takaichi Sanae, a traversé les méandres de la diplomatie tarifaire américaine, un démêlé avec la Chine et de nombreux problèmes intérieurs, mais ses résultats aux sondages – bien qu’ils aient chuté après des débuts historiques – restent miraculeusement résilients.

Mme Takaichi, première femme à devenir première ministre du Japon, est officiellement arrivée au pouvoir le 21 octobre 2025, quelques semaines après avoir remporté la direction du Parti libéral démocrate au pouvoir au Japon.

La carrière politique de Takaichi a connu des hauts et des bas. Elle a convoqué des élections législatives anticipées jugées « risquées » pour février et a ensuite obtenu une « supermajorité » historique, mais ne dispose toujours que d’une minorité de sièges à la chambre haute du Parlement japonais. Elle a également durci les politiques d’immigration du pays, supervisé une croissance économique modeste et vise à réduire la taxe sur la consommation alimentaire du Japon de 8 % à 1 % pour une période de deux ans.

Elle a commencé sa carrière politique en 1993 en tant qu’indépendante à la Chambre des représentants du Japon. Trois ans plus tard, elle s’est jointe au Parti libéral démocrate.

Taux d'approbation du gouvernement Takaichi

Entre Trump et Xi

Mme Takaichi a, de l’avis de la plupart des gens, géré habilement sa relation avec le président des États-Unis Donald Trump, en faisant largement preuve de flatterie. (Trump l’a un jour qualifiée de « personne d’une grande sagesse et d’une grande force ».)

Plus tôt ce mois-ci, elle a même relancé un projet présenté comme une « version japonaise du département américain de l’Efficacité gouvernementale », dans le but de réduire les dépenses. (Bien qu’une grande partie de la dette japonaise soit détenue par des créanciers nationaux, le pays affiche le ratio d’endettement public le plus élevé parmi les économies avancées, soit « environ le double de la moyenne des pays du G7 », selon le Fonds monétaire international [FMI]). Trump s’est toutefois plaint auprès de Takaichi de la dépréciation persistante du yen par rapport au dollar américain.

La Chine a été le plus grand enjeu pour Mme Takaichi, les deux pays ayant été en conflit pendant une grande partie de son mandat de première ministre : Beijing s’est indignée après que Mme Takaichi a déclaré qu’un blocus naval chinois de Taïwan représenterait une « situation menaçant la survie » du Japon.

Dans un discours ce mois-ci, elle a semblé réaffirmer fermement sa position, déclarant : « Les tentatives de modifier le statu quo par la force ne doivent jamais être tolérées nulle part dans le monde. Le Japon continuera de défendre ce principe sur la scène mondiale. »

Beijing a essayé à plusieurs reprises de décrire Mme Takaichi comme une dirigeante militante impopulaire. Cette semaine, par exemple, alors qu’un titre du Japan Times affirmait : « Après un an au pouvoir, le soutien public du gouvernement de Mme Takaichi reste largement intact », un média d’État chinois a recadré le débat en répliquant : « Après un an au pouvoir, la popularité de Sanae Takaichi est sur le point de s’effondrer. »

Les relations entre le Canada et le Japon ont connu un essor sous la gouverne de Takaichi : les deux pays ont renforcé leurs liens en établissant un partenariat stratégique global en mars, couvrant la défense, l’énergie, le commerce et la technologie. Le Japon est la quatrième source d’investissements directs étrangers du Canada; les échanges commerciaux bilatéraux s’élèvent à près de 40 milliards de dollars canadiens.