Trump arrive en tête des préoccupations géopolitiques en Asie du Sud-Est

D’après une étude annuelle menée auprès des dirigeants de la région, les habitants de l’Asie du Sud-Est sont particulièrement préoccupés par les changements climatiques, la rivalité entre les grandes puissances et l’instabilité de la politique étrangère américaine.

Mardi, l’Institut ISEAS-Yusof Ishak, un centre de recherche basé à Singapour, a publié son enquête intitulée « State of Southeast Asia 2026 ».

Selon 60 % des personnes interrogées, les « défis les plus urgents » de la région sont les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes. Plus de la moitié des 2 008 personnes interrogées ont déclaré que leur « principale préoccupation géopolitique » était le président américain Donald Trump; en 2025, l’agression de la Chine en mer de Chine méridionale occupait la première place. C’est peut-être à cause de M. Trump que le rapport souligne que la « pertinence stratégique » de Beijing s’est renforcée par rapport à celle de Washington au cours de la dernière année.

Malgré le tumulte ambiant, il y a quand même des raisons d’être positif. Selon un rapport complémentaire publié cette semaine par le Bureau de recherche macroéconomique de l’ANASE+3, l’« ANASE+3 » (c.-à-d. l’ANASE ainsi que la Chine, le Japon et la Corée du Sud) a enregistré une croissance économique de 4,3 % en 2025, « un résultat nettement plus favorable que les prévisions établies immédiatement après l’augmentation des tarifs en avril ».

Le document met en évidence le fait que « les réseaux de production régionaux ont évolué d’un système axé sur le Japon vers une structure complexe et interconnectée, avec la Chine comme pivot central ». Les échanges commerciaux et les investissements entre les pays membres de l’ANASE « restent toutefois limités ».

À mesure que les économies s’intègrent davantage à celle de la Chine, de nouveaux risques font leur apparition, les rendant vulnérables à la coercition économique. De plus, comme le montre le conflit avec l’Iran, la région reste vulnérable aux chocs énergétiques.

L’ANASE et Ottawa

Le Canada souhaite renforcer ses échanges commerciaux avec l’ANASE. Les Philippines, qui occupent la présidence de l’ANASE cette année, ont déclaré que l’une de leurs priorités serait de conclure l’accord de libre-échange (ALE) entre le Canada et l’ANASE.

Selon Manille, les négociations commerciales bilatérales avec les Philippines devraient quant à elles s’achever « quelques mois plus tôt » que celles relatives à l’ALE entre le Canada et l’ANASE.