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Rapport sommaire : dialogue semi-officiel entre le Canada et les Philippines et forum public sur la coopération en matière de sécurité économique

Les 12 et 13 mars 2026, la FAP Canada et l’Institut Stratbase d’études stratégiques et internationales ont organisé conjointement un dialogue semi-officiel stratégique et un forum public sur la coopération en matière de sécurité économique entre le Canada et les Philippines à Manille, aux Philippines. Les discussions, portant sur le commerce, la technologie numérique, les minéraux critiques, l’énergie et la sécurité, se sont déroulées pendant un jour et demi et ont réuni des responsables gouvernementaux, des représentants sectoriels, des universitaires et des experts en politiques.

Le dialogue semi-officiel stratégique et le forum public sur la coopération en matière de sécurité économique ont eu lieu à un moment où la sécurité économique est devenue une priorité politique centrale tant pour le Canada que pour les Philippines. Dans un contexte de chocs géopolitiques, de perturbations des chaînes d’approvisionnement, de transformation numérique rapide et de concurrence stratégique croissante, les chaînes d’approvisionnement, les systèmes numériques et l’accès aux ressources essentielles ne sont plus considérés comme des préoccupations purement économiques. Au contraire, ils sont de plus en plus évalués sous l’angle de la résilience, de la souveraineté et de l’exposition aux chocs extérieurs et à la coercition.

La discussion a également eu lieu à un moment où les occasions bilatérales et régionales se multiplient. Les relations entre le Canada et les Philippines s’appuient sur des décennies d’engagement diplomatique, une coopération croissante en matière de sécurité, des liens étroits entre les peuples et des relations économiques en pleine expansion. Le lancement de négociations en vue d’un accord de libre-échange Canada–Philippines a donné un nouvel élan à la relation, à un moment où les deux pays cherchent à renforcer leur résilience économique et à diversifier leurs partenariats. Les relations entre le Canada et l’ANASE étant désormais élevées au rang de partenariat stratégique et les Philippines assurant la présidence de l’ANASE en 2026, la coopération bilatérale revêt également une dimension régionale élargie.

Les participants des deux pays conviennent que les relations entre le Canada et les Philippines reposent sur des bases solides. Le niveau de confiance est élevé, les intérêts sont largement harmonisés et les deux pays apportent des atouts indéniables au partenariat. Les orateurs ont également souligné l’importance des liens interpersonnels, notamment l’existence d’une importante communauté philippine au Canada, ainsi que l’élargissement de la coopération en matière de défense et les négociations en cours sur le libre-échange. Pourtant, malgré ces fondements, le niveau des échanges commerciaux et des investissements entre les deux pays reste en deçà de leur potentiel. Une question centrale a donc traversé les discussions : si l’harmonisation stratégique et la confiance existent déjà, pourquoi ne voit-on pas des résultats économiques plus marqués?

La sécurité économique dans un contexte stratégique en mutation

Un thème récurrent s’est dégagé du dialogue, comme quoi les décisions concernant les infrastructures, les données et les chaînes d’approvisionnement sont désormais de plus en plus souvent jugées non seulement en fonction du coût ou de l’efficacité, mais aussi de la résilience, de la redondance et l’exposition stratégique. C’est particulièrement vrai dans la région indo-pacifique, où les risques en matière d’économie et de sécurité sont aujourd’hui plus profondément imbriqués qu’ils ne l’ont jamais été au cours des dernières décennies. Les participants ont souligné que la sécurité économique englobe aujourd’hui les systèmes numériques, les infrastructures, l’énergie, les capacités industrielles et l’accès au matériel stratégique.

Pour les Philippines, la géographie est un avantage structurel. Le pays est situé le long des principales routes maritimes et abrite des systèmes de câbles sous-marins qui soutiennent la connectivité régionale, ce qui le positionne à la fois dans les flux physiques et numériques. Les participants ont noté que cette géographie confère aux Philippines une pertinence considérable à une époque de plus en plus marquée par la résilience de la chaîne d’approvisionnement et la sécurité de l’infrastructure numérique. La principale difficulté réside dans l’absence, ou la faiblesse, des mécanismes permettant de traduire la pertinence géographique et stratégique en projets concrets, en investissements soutenus et en partenariats industriels à long terme.

Les participants canadiens ont défini leur propre position comme une réévaluation plutôt qu’un virage. L’accent mis sur la diversification est le résultat de l’exposition concentrée au marché et d’un effort plus général visant à établir des partenariats de confiance et une coopération fondée sur des normes dans le cadre de la Stratégie du Canada pour l’Indo-Pacifique. En ce sens, l’approfondissement de l’engagement avec l’Asie du Sud-Est, y compris les Philippines, n’est pas un changement stratégique à court terme, mais fait partie d’un ajustement plus vaste de la politique économique et stratégique du Canada.

Les deux parties se sont accordées sur un point primordial : les gouvernements ne sont pas en mesure de relever ces défis seuls. Une coordination plus étroite est nécessaire avec l’industrie et les établissements de recherche, bien que les conséquences opérationnelles d’une telle coordination demeurent floues. Les participants sont revenus à plusieurs reprises sur la nécessité de mobiliser non seulement les gouvernements, mais aussi les universités, les financiers, les acteurs technologiques et les partenaires industriels si l’on veut que la coopération en matière de sécurité économique dépasse le stade de l’harmonisation générale et entraîne des résultats concrets.

Le fossé entre l’harmonisation et l’action

La conclusion la plus cohérente qui ressort des discussions est que les principaux obstacles à l’approfondissement de la coopération bilatérale ne sont pas d’ordre politique, mais d’ordre opérationnel. Il s’agit moins d’une question d’intention ou de divergence stratégique que de la manière dont les politiques sont mises en œuvre dans la pratique. Les participants ont clairement indiqué qu’un fort alignement politique ne s’est pas toujours traduit par des résultats commerciaux.

Du côté philippin, les contraintes sont surtout visibles dans les processus réglementaires. Dans des secteurs comme l’exploitation minière, les infrastructures et les services numériques, les approbations restent fragmentées entre les agences et les délais sont souvent imprévisibles. Bien que des réformes soient en cours et que la direction prise soit globalement positive, la mise en œuvre reste inégale. Les participants ont souligné que l’écart entre les annonces politiques et les résultats sur le terrain continue à influencer le point de vue des investisseurs. Le problème n’est pas l’absence de réformes, mais le fait que l’exécution manque souvent de cohérence, de rapidité et de coordination.

Du côté canadien, les contraintes sont différentes. Les entreprises canadiennes n’ont eu qu’une exposition limitée à l’Asie du Sud-Est et les décisions d’investissement ont tendance à être prises en fonction de la familiarité établie plutôt que des occasions potentielles. Si l’intérêt à l’égard de la diversification s’accroît, il n’entraîne pas toujours un engagement soutenu sur le marché. Plusieurs participants ont noté que les sociétés canadiennes continuent d’évaluer la région avec prudence, privilégiant souvent les marchés établis et les environnements d’exploitation plus clairs aux occasions qui peuvent être prometteuses, mais qui nécessitent plus de temps, de connaissances locales ou de tolérance au risque.

Il y a également une différence dans les attentes. Les participants philippins ont eu tendance à parler d’améliorations à court terme et de trajectoires de réforme, tandis que les intervenants canadiens ont souligné que les décisions d’investissement sont fondées sur les modalités actuelles plutôt que sur les améliorations prévues. Cette divergence est cruciale. Elle détermine la manière dont chaque partie évalue l’échéancier, le risque et la volonté de coopération. En ce sens, le fossé entre l’harmonisation et l’action n’est pas seulement institutionnel, mais aussi perceptuel.

C’est peut-être là l’élément central qui est ressorti du dialogue : le Canada et les Philippines sont d’accord sur de nombreuses priorités, mais l’harmonisation ne suffit pas. Ce qui compte maintenant, c’est la capacité à traduire cette harmonisation en un environnement d’investissement plus prévisible, une réserve d’occasions plus claires et un ensemble d’initiatives pratiques susceptibles de générer de la confiance et de l’élan.

Les secteurs prioritaires et leurs interdépendances

Les discussions ont convergé autour de trois secteurs : le numérique et l’intelligence artificielle, les minéraux critiques et l’énergie, parallèlement à l’intérêt croissant pour la coopération industrielle liée à la défense. Bien que ces secteurs aient été examinés séparément dans certaines parties du dialogue, leur interdépendance est apparue comme l’une des conclusions primordiales.

L’infrastructure numérique et l’IA ont été reconnues comme des domaines où les progrès à court terme sont les plus plausibles. Les initiatives philippines, notamment la loi sur la gouvernance électronique, l’expansion de la connectivité et une feuille de route sur l’IA, constituent une base politique initiale. Les participants ont noté que les Philippines cherchent à renforcer l’infrastructure numérique et les systèmes numériques fiables à un moment où la résilience numérique devient une dimension essentielle de la sécurité économique. Le Canada, pour sa part, présente des atouts en matière de recherche sur l’IA, de gouvernance de l’IA, de TIC et d’élaboration d’approches réglementaires fiables. Cette situation crée une base pratique pour la coopération, en particulier dans les domaines où l’expertise canadienne peut être appliquée aux priorités philippines en matière de transformation numérique du secteur public, de cybersécurité et de gouvernance numérique de confiance.

Les minéraux critiques ont été examinés en termes plus stratégiques. Les Philippines possèdent d’importantes réserves de nickel, de cuivre et d’autres matières premières utiles aux technologies émergentes et à la transition énergétique. Les participants ont noté que Manille a activement cherché à se positionner comme une destination pour les investissements mondiaux dans les minéraux critiques. En même temps, la majeure partie de la valeur demeure concentrée dans les activités de transformation et en aval à l’extérieur du pays. Pour progresser dans la chaîne de valeur, il faudra non seulement des capitaux, mais aussi des technologies, un approvisionnement énergétique fiable, des infrastructures de soutien et des conditions réglementaires plus claires. Pour le Canada, qui recherche des chaînes d’approvisionnement plus résistantes et des partenariats miniers de confiance dans le cadre de son programme de diversification, il s’agit là d’un domaine de complémentarité évident.

L’énergie est apparue comme une contrainte majeure dans tous les secteurs. La transformation des minéraux et l’infrastructure numérique dépendent toutes deux d’une alimentation électrique fiable, et les limitations actuelles touchent la faisabilité de l’expansion industrielle. Les options examinées, notamment le gaz naturel liquéfié, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables, ont été présentées comme des éléments constitutifs d’une offre énergétique globale plutôt que comme des solutions de remplacement concurrentes. Cette optique revêt un caractère primordial. Le dialogue n’a pas traité l’énergie comme un secteur à part, mais comme une condition préalable à une coopération élargie en matière de sécurité économique.

Dans l’ensemble, ces secteurs ne sont pas des voies parallèles. Les progrès dans l’un dépendent des conditions touchant les autres, et les traiter indépendamment risque d’entraîner une mauvaise harmonisation des investissements et de la planification. La situation a des conséquences sur l’ordonnancement. En l’absence d’harmonisation entre les secteurs, les investissements qui semblent viables chacun de leur côté peuvent rester difficiles à mettre en œuvre dans la pratique. Les investissements dans le secteur de la transformation des minéraux auront du mal à prendre de l’ampleur si l’énergie est insuffisante. De même, l’infrastructure numérique et l’adoption de l’IA dépendront de la fiabilité énergétique, des systèmes numériques sécurisés et des compétences techniques. Le dialogue n’a donc pas simplement mis l’accent sur les occasions sectorielles, mais sur la nécessité d’une stratégie de sécurité économique plus intégrée.

Les participants ont également noté un intérêt croissant pour la coopération industrielle dans le domaine de la défense et les technologies à double usage. On reconnaît donc davantage que la sécurité économique et la sécurité traditionnelle sont de plus en plus liées, en particulier dans des domaines comme les chaînes d’approvisionnement sécurisées, les infrastructures maritimes, les matériaux avancés et les systèmes numériques.

Des conditions favorables, mais une période d’action qui se rétrécit

Plusieurs facteurs rendent la période actuelle plus propice à l’avancement de la coopération. Les négociations en cours sur l’Accord de libre-échange entre le Canada et les Philippines offrent une voie structurée pour l’engagement et un mécanisme pour traiter les questions réglementaires, tout en intégrant les questions liées à la sécurité économique dans l’ordre du jour bilatéral et en signalant l’engagement politique à l’égard des entreprises.

La présidence philippine de l’ANASE crée également une occasion de positionner les initiatives bilatérales dans un cadre régional, en particulier dans des domaines comme la résilience de la chaîne d’approvisionnement, l’intégration numérique et la connectivité des infrastructures. La coopération bilatérale a donc une portée qui lui permet de soutenir des priorités régionales plus vastes plutôt que de s’en démarquer.

Plus généralement, les deux pays se trouvent dans des phases d’ajustement politique. Cette situation crée un espace institutionnel pour de nouvelles initiatives, mais introduit également de l’incertitude. Les participants ont souligné à plusieurs reprises que les conditions qui favorisent actuellement un engagement plus profond ne devraient pas persister indéfiniment. Les retards risquent de briser l’élan, de renforcer la prudence des investisseurs et de creuser l’écart entre l’harmonisation stratégique et les résultats concrets.

Regard vers l’avenir

Les discussions sur les prochaines étapes ont été axées sur les résultats à court terme, avec des conséquences claires pour l’engagement économique général du Canada en Asie du Sud-Est. Les participants ont souligné qu’il était primordial de cerner un petit nombre de projets phares, les deux gouvernements jouant un rôle dans le soutien de leur réalisation. Il s’agit d’initiatives pratiques susceptibles de démontrer les progrès accomplis et de contribuer à façonner la perception qu’ont les investisseurs de l’environnement opérationnel. La démonstration de l’exécution a été jugée primordiale pour renforcer la crédibilité. Des progrès rapides sur un petit nombre de projets pourraient influencer la manière dont les entreprises canadiennes évaluent les risques et les conditions d’entrée sur le marché. Ces projets pourraient se concentrer sur des domaines comme le déploiement de l’IA, la transformation des minéraux ou la cybersécurité.

Pour le Canada, ces projets étaient considérés comme des points d’entrée pratiques pour établir une présence commerciale et stratégique durable. Le secteur en particulier importait moins que la capacité à produire des résultats concrets dans un délai défini. Cette approche confère une grande importance à la mise en œuvre. Dans le contexte philippin, les réformes doivent se traduire par des échéanciers prévisibles et une coordination plus claire entre les agences. L’écart entre les annonces politiques et les résultats sur le terrain continue à grandement influencer la perception des investisseurs. Il est donc essentiel d’améliorer la cohérence de l’exécution, notamment en clarifiant les points de coordination au sein du gouvernement, afin de renforcer la confiance.

Le Canada a été perçu non seulement comme un partenaire habilitant, mais aussi comme un codéveloppeur potentiel de projets dans des domaines où il a démontré ses atouts, en particulier dans les applications de l’IA, les minéraux critiques, les systèmes énergétiques et la gouvernance numérique. Ces domaines pourraient s’étendre aux applications industrielles à double usage et liées à la défense. Une telle collaboration pourrait contribuer à réduire les risques, à abaisser les barrières à l’entrée pour les entreprises canadiennes et à accélérer la mise en œuvre dans des secteurs plus récents ou plus complexes.

Le renforcement des capacités a été reconnu comme un facteur de soutien, notamment par des partenariats entre les universités, les établissements de recherche et les programmes de formation, en particulier dans les domaines de l’IA, de la cybersécurité et des systèmes énergétiques. Le fait de lier la formation à des projets en cours permet de développer des compétences au moyen d’une application pratique plutôt que de manière isolée. Les participants ont indiqué que cette approche créerait également une base plus durable pour la coopération bilatérale en veillant à ce que le développement du capital humain suive le rythme des ambitions commerciales et technologiques.

Il est aussi nécessaire d’adopter une approche plus intégrée et séquentielle dans les secteurs prioritaires. Les contraintes énergétiques touchent à la fois la transformation des minéraux et l’infrastructure numérique, ce qui a des conséquences directes sur l’ordonnancement des investissements canadiens, en particulier lorsque la disponibilité de l’énergie conditionne la viabilité des projets en aval. Les participants ont souligné que sans une compréhension plus claire de ces interdépendances, les deux gouvernements risquent de promouvoir des occasions qui semblent attrayantes sur papier, mais qui restent difficiles à mettre en pratique.

Conclusion

Les relations entre le Canada et les Philippines sont largement reconnues comme reposant sur des bases solides, et ce point de vue a été réitéré tout au long du dialogue. Les Philippines offrent un emplacement stratégique et des occasions croissantes dans des secteurs essentiels à la sécurité économique, tandis que le Canada apporte des capacités complémentaires dans les domaines des technologies de pointe, de la gouvernance des ressources, de l’énergie et des partenariats de confiance. Les participants ont toutefois clairement indiqué que cette harmonisation ne s’est pas encore traduite par un niveau d’engagement économique à la hauteur du potentiel de la relation. Le défi n’est pas un manque d’intention, mais la nécessité de convertir l’intention en une action soutenue.

Pour le Canada, cette lacune n’est pas seulement une question bilatérale. Elle touche le cœur de son objectif plus vaste d’approfondir sa présence économique en Asie du Sud-Est, de se diversifier au-delà d’une exposition concentrée sur le marché et de construire des chaînes d’approvisionnement plus résilientes. Pour les Philippines, le défi consiste à traduire la pertinence stratégique et l’ambition politique en un environnement opérationnel qui inspire une confiance durable aux partenaires et aux investisseurs.

Les discussions à Manille ont clairement montré que l’occasion est réelle, mais qu’elle est aussi limitée dans le temps. La tâche qui nous attend n’est pas de repenser la relation, mais de donner suite à l’harmonisation qui existe déjà. Même un petit nombre de résultats concrets pourrait contribuer à modifier les perceptions, à démontrer la crédibilité et à créer une dynamique en faveur d’une coopération plus approfondie. Plus que tout, le dialogue a souligné que la prochaine phase des relations entre le Canada et les Philippines dépendra moins de la détermination de nouveaux domaines d’harmonisation que de la démonstration que l’harmonisation existante peut donner des résultats concrets.

Dans cet esprit, plusieurs priorités concrètes ont émergé du dialogue. Il s’agit notamment d’établir et de soutenir conjointement un petit nombre de projets phares dans des domaines comme le déploiement de l’IA, la transformation des minéraux, la cybersécurité et les systèmes énergétiques, afin de démontrer l’exécution, de renforcer la confiance des investisseurs et de générer une dynamique initiale. Les participants ont également souligné qu’il était primordial de profiter des négociations sur le libre-échange en cours entre le Canada et les Philippines pour s’attaquer aux obstacles opérationnels, améliorer la prévisibilité réglementaire et renforcer les conditions d’investissement dans les secteurs prioritaires.

Un large soutien s’est également exprimé en faveur de la mise en place de mécanismes de coordination bilatéraux et nationaux plus clairs afin de réduire les délais d’approbation, d’améliorer la mise en œuvre et d’éliminer plus efficacement les goulets d’étranglement réglementaires. Le Canada a été perçu non seulement comme un partenaire habilitant, mais aussi comme un codéveloppeur potentiel de projets dans des domaines où il a démontré ses atouts, notamment dans les applications de l’IA, les minéraux critiques, les systèmes énergétiques et la gouvernance numérique. En même temps, les participants ont souligné la nécessité d’une approche plus intégrée et ordonnancée dans les secteurs prioritaires, reconnaissant que l’énergie, les minéraux et l’infrastructure numérique sont profondément interconnectés.

Enfin, le dialogue a souligné l’importance d’élargir les partenariats entre les universités, les établissements de recherche, l’industrie et le gouvernement afin de renforcer les capacités pratiques dans des domaines comme l’IA, la cybersécurité, les systèmes énergétiques et la fabrication avancée, tout en explorant les occasions d’une plus grande collaboration dans les secteurs à double usage et liés à la défense, où la sécurité économique et la sécurité traditionnelle se chevauchent de plus en plus.

• Édition par Vina Nadjibulla, vice-présidente, Recherche et stratégie, et Ted Fraser, rédacteur principal, FAP Canada

Irene Chan

Irene Chan is a Singapore-based researcher specializing in Chinese foreign policy, Southeast Asian geopolitics, and regional security, with over a decade of experience in research and policy engagement. She serves as Senior Research Program Manager at the Asia Pacific Foundation of Canada, where she leads high-level regional dialogues and strategic initiatives. Irene holds an MSc in Asian Studies and a BA in History with a Diploma in Education from Nanyang Technological University, Singapore. 

Summary Report: China Unbound? Domestic Pressures and Regional Consequences in Southeast Asia Summary Report: Critical Minerals, Economic Security, and Strategic Partnerships

Vina Nadjibulla

Vina Nadjibulla s’est jointe à la Fondation Asie Pacifique du Canada (FAP Canada) à titre de vice-présidente, Recherche et Stratégie, en novembre 2023.

À ce poste, elle dirige les travaux de recherche, les activités de politique publique et les programmes de l’organisation liés à l’engagement du Canada dans l’Indo-Pacifique. Elle supervise notamment l’agenda de recherche de la FAP Canada ainsi que ses programmes phares, incluant les bourses de recherche et les initiatives de renforcement des capacités, les dialogues semi-officiels et parallèles, et les partenariats à travers l’Asie. Elle joue un rôle central dans l’orientation stratégique de la Fondation, le renforcement de son impact en matière de politique publique, et l’expansion de sa présence et de ses réseaux dans l’Indo-Pacifique.

Vina Nadjibulla est une commentatrice régulière des politiques étrangères canadiennes et des affaires indo-pacificques. Elle possède une expertise particulière en sécurité économique, concurrence entre grandes puissances et évolution des relations du Canada avec la Chine et l’Inde. Ses travaux visent à faire avancer l’agenda de diversification du Canada, à renforcer les partenariats stratégiques dans la région et à naviguer à l’intersection du commerce, de la sécurité et des technologies émergentes.

Fort de plus de vingt ans d’expérience en sécurité internationale et en diplomatie, Vina a travaillé avec des gouvernements, des organisations internationales, des centres de réflexion et des institutions philanthropiques en Amérique du Nord, en Asie et en Asie centrale. Ses activités ont couvert la résolution de conflits, les droits de la personne, la gestion des risques stratégiques et la diplomatie multilatérale.

Vina est professeure adjointe à la School of Public Policy and Global Affairs de l’Université de la Colombie-Britannique et chercheuse principale au Soufan Center. Elle détient une maîtrise en affaires internationales de l’Université Columbia. Citoyenne canadienne, elle est née dans l'ex-Union soviétique, a grandi en Afghanistan et a effectué ses études aux États-Unis. Vina parle couramment l’anglais, le russe et le farsi.

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