Ce dialogue stratégique a été organisé le 24 novembre 2025 à New Delhi, en Inde, par la Fondation Asie-Pacifique du Canada, en partenariat avec l'Ananta Aspen Centre et le Haut-Commissariat du Canada en Inde.
Le Canada a lancé sa Stratégie pour l’Indo-Pacifique et sa Stratégie sur les minéraux critiques en 2022, créant des cadres à même d’approfondir les partenariats en Asie et de placer le Canada comme fournisseur mondial fiable en ressources nécessaires à l’alimentation des économies verte et numérique. Cette année, le Canada a ouvert le Bureau des grands projets pour accélérer l’approbation et la finalisation des ports, mines, corridors commerciaux et autres grands projets qui contribueront à un meilleur accès aux ressources naturelles du pays. En ce qui a trait aux minéraux critiques, il vise à dégager des voies réglementaires claires et prévisibles, à accélérer les décisions finales en matière d’investissement et à accorder la priorité à la durabilité.
Partant de ces bases, le groupe s’est concentré sur les mesures concrètes visant à traduire les priorités des deux pays en actions quant aux minéraux critiques.
Points à retenir
- Passer des cadres aux projets. La coopération Canada-Inde quant aux minéraux critiques ne réussira que si elle délaisse les déclarations d’intentions générales pour se concentrer un petit nombre de projets pilotes commercialement viables et dotés de ressources suffisantes. Les participants ont déconseillé de trop se fier aux nouveaux cadres sans mécanismes de livraison clairs.
- Présenter la coopération au sujet des minéraux critiques comme une priorité quant à la sécurité économique des deux pays, en montrant ce qui lie l’énergie propre, la fabrication de pointe et les technologies connexes à la défense à la résilience à long terme de la chaîne d’approvisionnement.
- Tirer parti de la complémentarité et éviter les doublements. Le Canada et l’Inde devraient s’abstenir d’imiter le modèle d’État de la Chine. En lieu et place, ils devraient bâtir un partenariat ne se restreignant pas au marché qui allierait la production et la technologie du Canada en amont aux capacités de traitement, de raffinage et de fabrication intermédiaires en Inde.
- Se servir des outils étatiques pour faire affluer du capital privé. De longs échéanciers, la volatilité des prix et le risque technologique exigent des interventions ciblées comme la finance endossée par l’écoulement, la prise de participation souveraine, les investissements garantis et une approbation réglementaire accélérée.
- Choisir les minéraux prioritaires pour gagner des points le plus tôt possible. Le lithium, le nickel, le cuivre et certaines terres rares sont ressortis comme points de départ logiques selon la prévision de la demande, les capacités existantes et les retombées des politiques telles que les réformes tarifaires de l’Inde.
- Partenariats institutionnalisés. Le Dialogue annuel sur les minéraux essentiels proposé à l’ACPE en 2026 devrait aller de pair avec un groupe de travail permanent axé sur le choix de projets, la concordance réglementaire et les solutions de financement.
- Approfondir les engagements infranationaux Les provinces canadiennes et les États indiens sont aux commandes d’aspects importants de la délivrance de permis, des infrastructures et des politiques industrielles. Des alliances ciblées province-État peuvent accélérer la coopération concrète plus que les initiatives strictement fédérales.
- Investir dans la R et D et les compétences communes. Le fait de mettre en lien les universités et laboratoires canadiens avec les institutions indiennes comme les Councils of Scientific & Industrial Research (CSIR) et Indian Rare Earths Limited (IREL) pourrait accélérer l’innovation en extraction, en traitement, en recyclage et en rendement ESG, alors que le développement et la formation de la main-d’œuvre pourraient renforcer les capacités à long terme.
- Bâtir la confiance des investisseurs par la conclusion rapide d’un Accord de partenariat économique global (APEG). Pour débloquer le capital institutionnel, dont les fonds de pension, et permettre une collaboration soutenue du secteur privé, on a considéré comme essentielles la protection des investisseurs et la prévisibilité, dont le règlement de différends et des claires plus claires.